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jokerscrap a publié ce texte le 30/07/2009 à 19:34:21 |
Bonjour à tous !
Après une longue absence je me décide à partager avec vous un extrait d'un rapport d'étude que je devait écrire au cours de l'année passée. J'ai hésité à le poster, surtout pour trouver une catégorie qui puisse convenir, mais je me dis que ça pourra toujours en intéresser quelques uns. Pour vous mettre dans l'ambiance il s'agit en fait d'un extrait d'un rapport que j'ai écrit au sujet du rapport qu'entretiennent l'architecture et les mots. Je n'ai gardé ici que la partie définition, basée en grande partie sur des articles de l'Encyclopaedia Universalis et le Dictionnaire Universel de la Langue Française. En espérant que ça vous apporte un petit quelque chose !
[...]
Je pense qu’il y une difficulté similaire à définir ce qu’est un mot à celle pour nous de définir ce qu’est un Homme. Autant il n’est jamais aisé d’être à la fois l’objet de l’étude et celui qui étudie, autant il n’est pas facile de mettre des mots justement sur ce terme. Néanmoins, l’Histoire, par le biais de l’étymologie, peut nous aider à avoir un point de départ. Le terme « mot » descend du latin muttum, désignant un son émis, un grognement. Le dictionnaire historique de la langue française précise que « muttum » est un terme de la langue parlée que l’on trouve chez les auteurs archaïques. Il se rattache au groupe de l’onomatopée « mu », et plus particulièrement à « mutus » qui désigne un bruit de voix sans signification. A l’origine force est de constater que l’ancêtre de notre « mot » n’en était pas un et était encore moins le représentant de tous les autres. Lors de l’apparition du terme « mot », celui-ci s’employait à la négative dans des expressions telles que « ne sonner mot » ou encore « pas un mot ». Il faut y voir une trace de son passé, quand il désignait seulement un son sans sens. Ensuite, par extension, « mot » à pris le sens collectif de « discours » ou « parole » et cela à partir du XI siècle. Aujourd’hui un grand nombre d’expressions l’emploient, ajoutant encore des sens à sa palette.
Après l’historique, passons maintenant à la forme. Un mot peut exister à travers trois médiums : la pensée, la voix et l’écrit. Le tronc commun entre ces formes est qu’un mot exprime toujours une pensée et est institutionnel ; le sens lié à la forme (et vice versa) est commun à toutes les personnes pratiquant une même langue. Cependant il faut comprendre cela avec précaution : le sens d’un mot varie, il n’est pas absolu car il est relatif à la personne, au contexte et à la place du mot dans la phrase comme l’explique Wittgenstein.
Du point de vue syntaxique, les mots « possèdent une valeur, sont longs ou courts, doux ou rudes à l’oreille, masculins ou féminins… ». Dans cette conception particulière, les mots sont considérés comme les unités de la parole, laquelle doit être comprise à travers l’idée et les intentions qu’on lui attache. Au contraire, le mot est un mot unique, contenant un sens propre et interne à lui-même qui va donner du sens à la parole au contact d’autres mots.
Cette compréhension des mots est jugée inapte dans la linguistique, qui distingue signe et sens. Scheiler explique qu’un mot est « un produit à la création duquel ont concouru la signification et la relation » , c’est là dire la racine et le rapport (qui englobe les accords de féminin, de pluriel, de conjugaison…afin de préciser la racine). Si les Anciens considéraient les voyelles et les consonnes comme les éléments des mots et que la syntaxe prend les mots pour des unités, Scheiler démontre qu’il n’en est rien, étant donné qu’un mot est « avant tout [un] son exprimant des idées » et que si la voix (et non pas la parole) peut se décomposer en voyelles et en consonnes, les lettres ne contenant pas de sens elles ne peuvent pas être les éléments des mots comme le sont les racines. De plus, les mots étant déjà des produits ils ne peuvent pas être considérés comme des unités de base. Comme il est expliqué dans l’encyclopédie Universalis « ce sont plutôt nos habitudes graphiques que des raisons vraiment de structure qui sont responsables de l’importance donnée au mot ». En linguistique donc les mots sont entendus comme l’association d’éléments amalgamés et l’unité est par conséquent plus qu’une lettre et moins qu’un mot, un signe. Certains considèrent d’ailleurs que ce signe (ou plutôt cette racine) descend du temps ou les mots ressemblaient aux choses.
Scheiler ajoute ensuite que les mots se développent sans cesse, voyagent, changent dans le temps et l’espace, tant du point de vue de la forme que de la signification. C’est à l’étymologie de comprendre et suivre ces mutations et sur ce sujet Müller a établit quatre points au travers desquels on peut lire la complexité des mots :
- Le même mot prend des formes différentes dans des langues différentes
- Le même mot prend des formes différentes dans une seule et même langue
- Des mots différents prennent la même forme dans des langues différentes
-Des mots différents prennent la même forme dans une seule et même langue
Cette approche peut paraître large pour une définition. Elle me parait néanmoins nécessaire pour saisir ce sujet délicat que sont les mots : il serait difficile de ne donner qu’une définition succincte étant donné qu’il en existe autant que de théories concernant la nature des mots. A l’inverse, cet angle de vue peut aussi sembler réducteur au vue de toutes ces théories. Je crois pourtant que ce balayage offre les bases de la compréhension de la nature des mots. [...]
(édition pour tenter de vous éviter l'aspirine)
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