La femme est un être fragile qu'il faut protéger a-t-on coutume de dire et à mon avis de femme c'est vrai mais je pense surtout que la femme a besoin d'être protégée de l'homme plus que de personne,elle a besoin d'être protégée des souffrances qu'il lui fait endurer plus que d'autre chose. Ah! les hommes,quand ils ne nous font pas des fausses promesses,ce sont des bébés "accidentellement".Quand il ne nous font pas pleurer ils nous trainent dans la boue.Mais il a fallu que la femme soit femme pour endurer tout cela.Et ces dernières,quand elles ne se bagarrent pas pour l'homme qu'elles aiment,elles se tuent à élever leurs gosses abandonnés par des papas irresponsables.Parfois,faute de mieux,elles acceptent un amant marié ou ferment les yeux sur des maitresses bien connues de leurs maris. Lorsque j'ai rencontré Guillaume j'étais déjà passée par toutes ces situations,tous les hommes de ma vie m'avaient filé entre les doigts en me laissant en prime un gosse sans père.Avec Guillaume je sentis tout de suite qu'il était différent et qu'il ferait mon bonheur,qu'il panserait toutes mes blessures passées.Je décidai d'en faire l'homme de ma vie,mon trophée,étant donné que je n'étais plus de première jeunesse.A quarante ans toutes les femmes ,mêmes les plus comblées par la vie se sentent ébranlées car c'est l'âge de nombreuses questions et j'en étais là.Je ne pouvais plus supporter les humiliations de la part d'un homme;Guillame le savait,il connaissait ma vie que je ne lui avais pas cachée. Guillaume avait dix ans de moins que moi et ça me rendait jeune,il me trouvait belle et me rassurait.Comme sa situation n'était pas des plus enviables,il s'était installé chez moi.J'étais sécrétaire dans un cabinet juridique et lui cherchait un emploi dans les réseaux informatiques où il avait un diplîme d'ingénieur.J'étais la femme-aimante-amante,tout ce qui m'importait était d'avoir réussi à garder durant cinq ans un homme dans le grand amour.La seule ombre au tableau était le fait que je ne pouvais plus enfanter à cause d'une opération qui avait mal tourné à la naissance de mon fils.Je savais que cela attristait Guillaume mais j'avais un fils et qui n'avait pas de père alors je me disais que ça s'arrangerait. Nous n'avions jamais eu de disputes et la première arriva le jour où il insista pour faire venir sa cousine du village afin qu'elle fasse sa formation de coiffeuse en ville en logeant chez nous.Chez moi! "Non je n'accepterai jamais que ta cousine vienne s'installer ici,un couple est fait pour vivre dans son intimité" lui lançai-je comme argument. -C'est ma cousine et je ne peux pas la laisser dans la rue,me répliqua-t-il;elle restera juste le temps de sa formation,ajouta-til.Comme je m'entêtais à dire non il me ménaça en ces mots: -Si tu réfuses j'irai louer un studio pour y vivre avec elle. Oh! non pas ça ,lui aussi ne va pas me quitter me suis-je dit,j'ai paniqué et j'ai accepté,d'ailleurs que pouvais je faire d'autre? Je savais que maintenant Guillaume pouvait se louer un studio,il avait trouvé un bon poste dans une société de communication et nous n'étions pas encore mariés.Il fallait que je le garde à tout pris alors je cédai et la cousine arriva donc un vendredi 13 mai ...Superstitieuse comme je l'étais je n'avais pas pu m'empêcher de remarquer cette date. Sylvie était aussi naïve que peut l'être une fille de vingt et deux ans,elle m'appellait tantie malgré mon réfus car je ne pensais pas être aussi vieille que ça pour elle. Notre cohabitation durait huit mois déjà et la venue de Sylvie m'avait un peu facilité les choses car elle s'occupait du ménage,de la suisine et lorsque Guillaume revenait pour sa pause à la maison,elle était là pour lui servir à manger avant de s'en aller pour sa formation de coiffeuse qui commençait dans l'après-midi.Elle me plaisait par sa discrétion,presqu'invisible au point où je ne songeais même plus à son prochain départ. Un proverbe maternel dit qu'auprès d'un bon feu tout doux ne manquent jamais de fourmis,autrement dit il n'y a jamais rien de parfait et l'imperfection de notre cohabitation vint avec les vomissements de Sylvie chaque matin,cette fatigue évidente,elle devenait paresseuse.Je ne lui connaissais pas de copain car elle rentrait aussitôt finie sa journée au salon de coiffure pas très loin.Inquiète,je l'emmenai chez un médécin qui nous apprit ipso facto avant même examens approfondis qu'elle était enceinte! Aïe! Aïe! Aïe! Ce fut un choc véritable pour moi mais pour Guillaume aussi mais Sylvie réfusait malgré tout de réveler l'identité du père.Mais je la pris à part et la rassurai,la reconfortai alors seulement elle m'avoua qu'elle avait eu des relations avec un seul homme et que cet homme c'était... Guillaume,mon Guillaume. Vous l'aviez surement deviné,tout le monde l'aurait sûrement deviné sauf moi pauvre idiote.Je voulus la secouer comme un prunier en pensant qu'elle mentait mais il suffisait de la regarder pour se rendre compte qu'elle ne pouvait pas inventer une histoire pareille.Heureusement que j'étais assise,ce qui m'empêcha de tomber mais rien ne m'empêcha de pleurer et de pleurer encore,la pauvre Sylvie ne comprenait pas,elle ne comprenait pas ma détresse et d'ailleurs comment la lui aurais-je fait comprendre?les moeurs n'étant pas toujours les mêmes en ville qu'au village. Oh! Comme j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps! Et moi qui pensais avoir tout enduré avec les hommes,je n'étais pas du tout au bout de mes mésaventures.Une pareille ignominie sous mon nez! C'était la goutte d'eau qui fit déborder le vase parce qu'en disant à Guillaume au début de notre histoire que je pouvais plus endurer une trahison de la part d'un homme,j'avais bien pesé mes mots et à quarante-cinq ans je l'étais encore moins.A qurarante-cinq ans,ça se comprend... La dispute qui suivit le retour de Guillaume fut calme mais ses mots étaient durs,crus,insolents pour un homme à qui j'avais tout apporté.Je compris alors que Sylvie n'était pas une cousine mais une fiancée dotée au village par ses parents avec son accord bien sûr.Il me traita d'"incapable de lui donner un gosse " et il ajouta: "quel avenir penses-tu qu'un homme puisse construire avec une femme qui ne lui fera jamais d'enfants? Nous sommes en Afrique ma chérie" Et moi dans les films européens j'avais vu une femme poignarder son homme dans le dos après avoir été trahie par ce dernier et c'est ce que je fis et je l'ai regardé mourir;incapable de bouger et c'est seulement Sylvie qui en entendant son grand cri et le vacarme entra et le vit étendu et cria très fort.J'appelai en tremblant une ambulance mais à l'h$opital il était trop tard.c'était il y'a cinq ans... Non je n'écris pas depuis les murs d'une prison,un accord conclu avec le procureur et je plaidai coupable et écopai de cinq ans de prison dont deux avec sursis,mon avocat avait plaidé un accès de folie et invoqua les raisons et preuves de mon geste.mon histoire toucha même le procureur.Avec un jury composé en majorité de femmes je pense même que j'aurais été relaxée si j'avais plaidé non coupable. J'ai purgé ma peine et je m'en sors plutôt bien,j'ai cinquante ans et cela fait cinq ans exactement que Guillaume est parti.J'ai fait un geste que j'ai eu le temps de régretter en prison et je le régrette même encore car nul n'a le droit d'ôter la vie de l'autre.C'est en y repensant que j'ai décidé d'écrire et de briser ce silence.J'ai déménagé ,je vis avec mon fils,Sylvie et l'enfant qu'elle a eu de mon Guillaume,nous l'avons appelé Junior et il est le portrait craché de son papa. Parfois les voisins pensent que Sylvie et moi sommes un couple qui a adopté deux enfants,c'est drôle.Je n'en veux pas à Sylvie,je ne lui en ai jamais voulu,elle a été la vistime d'un homme autant que moi et souvent je l'encourage à faire des rencontres et à rompre avec le fantôme de Guillaume mais elle n'est pas prête me dit-elle,pour le moment elle se consacre à son salon de coiffure qu'elle a ouvert et à l'éducation de son fils qui a deux mamans. Pour moi avec les hommes c'est fini ,je ne veux pas commettre un deuxième meurtre et quand je pense à toutes ces femmes fragiles qui ont besoin d'être protégées et qui vont chercher leur protection chez un homme,je me demande si ça en vaut vraiment la peine.Je me suis entièrement remise entre les mains de Dieu aujourd'hui et quand je repense aux hommes de ma vie,je ne peux m'empêcher de pousser un soupir du fond de mon coeur: "ah! les hommes... |