Je sors sans bruit de la grande ville,
Où les fleurs en vitrine n’ont pas de parfum…
Je sens déjà celles que le vent déshabille,
Et regarde danser dans les champs sans fin…
Peuplant un bouquet au parfum de ciel,
De délicatesse et de tendres sourires…
Ma robe frissonne, je respire l’essentiel,
D’un récital de vie venu me parcourir…
Voici des œillets sauvages en robe d’azur,
Blottis contre la pensée dentelée d’océan…
Un brin d’Achillé panse les blessures,
Des anémones roses flétries de serments…
Je pense à tes rimes en pluie provinciale
Serrant contre moi mon message parfumé…
Ces espoirs délivrés de nos vies glaciales,
Tes verbes conjugués aux temps d’aimer…
Ta solitude poursuit sa route dans le vent,
Les saisons emportent les mots que tu sèmes,
Mais sur la traîne des longs soleils levants,
Tes vers sourient encore aux gens qui s’aiment…
Que ta tombe est triste, poète inconnu,
Mon cœur serait-il le seul que tu effleures…
Pour tes mots fontaine en mon âme nue,
Je pose entre les pierres ces vraies fleurs …
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