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Rutrage a publié ce texte le 22/11/2008 à 18:27:30 |
Le malheur
Destin, ô mal-aimé, ami de mes désastres
Par quel sort fallut-il me punir à ce point?
Sans avertissement – vite! – à brûle-pourpoint;
Errais-je uniquement sous de bien mauvais astres?
Jamais la foutue vie n’est égale à chacun
Et bien que le fléau n’en épargna aucun
Pourquoi, pourquoi cela si tôt dans l’existence?
Il ne me reste qu’à me perdre au fond des stances...
Sans rien de réjouissant, sans rien n’augurant bien;
Seulement les échos de ces heurts œdipiens.
Si ce qu’il me fallut fut misère et grand-honte,
S’il fallut qu’un malheur soit versé dans la fonte
Pour parvenir à ces beautés vernies d’émaux...
J’eus préféré jamais n’avoir rédigé mot.
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Bonjour, et merci pour cette piéce d'orfèvrerie. Ce poème est magnifique, et me touche autant par la forme ( le sonnet est tout proche ) que par le contenu ( que ne donnerait-on pas de soi, pour n'avoir pas à vivre un tel deuil ) Toutefois : il m'est impossible de lire un alexandrin sans en "chercher" instinctivement la césure, sur laquelle je ne puis m'empêcher de marquer une pause. Je n'ai que très peu de culture poétique, j'ignore donc s'il s'agit d'une règle en soi, d'une contrainte à l'écriture. Mais si elle en est une, elle me semble justifiée par le rythme intérieur, qui me berce, lorsque je lis des alexandrins. Aussi ai-je été un peu génée à ma lecture de deux vers, ici, lorsque spontanément je me suis arrêtée en leur milieu : - Il ne me reste qu'à // me perdre au fond des stances ( A peine puis-je encor ?, Tout au plus puis-je encor ? ) - Pour parvenir à ces // beautés vernies d'émaux ( j'ai longuement cherché, en vain, comment corriger ce défaut de rythme sans pour autant toucher au 2ème hémistiche d'une grande beauté... je continuerai certainement de fouiller, car c'est plus fort que moi ! ) J'ai été génée aussi par : - Si ce qu'il me fallut je n'en suis pas sûre, mais je dirais que cet hémistiche n'a pas la même richesse que tous les autres sans aucune exception. Il n'est construit que sur le verbe falloir et ne semble justifier sa présence que pour arranger la syntaxe. Que diriez-vous de : s'il fallut me cribler ( charger, briser ), ou : s'il fallut m'accabler ( atterrer, affliger ) ? Sinon : deux petits soucis de conjugaison, dont la correction n'altère en rien l'ensemble : - Et bien que le fléau n'en épargnÂT aucun - S'il fallut qu'un malheur fÛT versé dans la fonte. ( pour les corrections déjà proposées à "j'eus " du dernier vers, je n'ai personnellement aucune préférence marquée.. de plus je suis à peu près sûre que cette erreur m'aurait échappé ) Merci encore et bravo, pour ce joyau que je connais presque par coeur déjà, à force de lectures !! [Commentaire modifié par AllantVers le 03/05/2009 à 09:52:00] |
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PS : Pour le tout dernier vers, j'hésite sur la place de "jamais" : à la fin du premier hémistiche ( j'eusse voulu jamais n'avoir rédigé mot ) ou au début du deuxième : j'eusse voulu n'avoir jamais rédigé mot, je me demande laquelle confère plus de force à ce mot... je crois avoir une préférence pour la deuxième formulation, et serais très heureuse de connare votre avis sur la question ! |
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Ainsi va le malheur, au gré de ce foutu destin ! :grrr: --------------------------------------------------------- De nature calme à peu agitée, parfois torride, souvent rêveuse, amateur d'éclairs au chocolat, écoute volontiers la Callas, apprécie la mer quand elle est bleue, exigeante pour ne pas dire emmerdeuse, mais toujours à bon escient. S'intéresse aux homo...
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