Les jours se font silences
Et les silences froids.
Dans le roux coule l'absence
Et dans le brun les mois.
Sous le temps qui s'enfuit
Se meuvent les images
Qui dessinent la nuit.
Femme ou brillant mirage.
Et dans l'instant, l'inconnu,
Seul et sans courage.
Marchant, juste aperçu ;
Homme brisé par la rage.
Il a les lèvres mordues
D'un frissonnant tissu lila.
Un long manteau fendu,
Bleu roi, ou bleu las.
Avance d'un pas rapide.Les cheveux coupés ras.
Jette ses regards limpides
Si loin qu'il n'y voit pas.
Le flou sur la main nue,
Dans la seconde il court.
J'aurais voulu, cet inconnu,
L'embrasser un jour.
Les rouges perdus d'Automne,
Crée d'un long brasier,
Se posent et s'endorment.
Feuilles de Beauté.
Arlequine
(tableau de Paul Klee)