Chemins de terre, vastes mers, j'ai trouvé mon homonyme amour,
Terre de parchemins, vois, j'ai trouvé mon amour de par les chemins.
Je n'ai plus de voix et ne saurai me taire quand même son regard me scind,
Trouble-moi, m'aime, égare-moi dans le dédale des égards purs et saints.
Le choc des seins hurle l'émoi qui se terre sur la couche des dalles,
Serre et ceint, je n'entends plus l'air, chante-moi l'essaim du dernier refrain.
Il vente sur cet amour un SI : douce heure, efface le heurt et face de l'âme et coeur,
Je ne sais plus : douceur, l'âme s'écoeure devant la vérité qui se perd
Et sème maint amour sur le lit pur de verre, dans le ciel charnellement pers.
Quelle veine ! enchaîne tes mains aux miennes.Jamais je ne m'en vais ou vins,
Et vains sont nos pairs qui insinuent avec vaines et viles raisons impaires
Que nos bouches ainsi nues et avides de baisers s'aiment sans temps
Loin de ces censées heures sensées, ces voeux pieux d'au moins cent ans.
L'heur a le teint futile sentant tant de visages feints et de leurres :
Fût-il leur, je préfère le heurt de mon coeur à leur faim de la fin.
Le tain veut et ressasse le cri du choeur, d'où l'heure de mes vers chers.
Je te tins, je te tiens, je te tiendrai dans mes bras par égard à la chair,
Même si les lices s'effondrent je ne renoncerai pas à ton épaule lisse de délices.
Et tors sont leurs torts, nos corps se corrèlent mais jamais ne se querellent,
Mes louanges te louent, ange, et cependant leur basse sentence est démente
Ils veulent que de nos amours je démente le fondement, et l'on me tance
De sermons, de serments, serre mon coeur, mens, tous ces démons déments.
Entre le délice et le délit, entre la beauté des lys et l'âme des lits,
J'ai enfin trouvé mon homonyme amour de par les chemins.