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Poèmes Libres : D’une peau d’âne, elle a couvert ses rires ... suivi d'un poème douceur de sahel : larmes qui, dans la nuit, brûlez le temps d'aimer....

  
Posted by Adella on 2008/10/19 11:21:43 (158 reads) News by the same author
Poèmes Libres



A ce texte :
"D’une peau d’âne, elle a couvert ses rires."
que j'ai publié sur ILV, Sahel, la douce, m'a envoyé, en réponse, un doux poème, que je mets à sa suite...
"Larmes qui, dans la nuit, brûlez le temps d'aimer"
comme un berceuse que l'on chanterait à un enfant qui a fait un cauchemar...
N'est-cer pas doux d'avoir d'aussi tendres Ami(e)s... ?
ET JE me réponds :C'EST DOUX...

Merci Sahel.

D’une peau d’âne, elle a couvert ses rires.

*

Entends les pas étouffés du silence
Quand ils veulent fondre en rapaces sur la pureté de l’enfance;
Ils résonnent fort sur le sol des souvenirs.
Ils s’accrochent en toiles d'araignée au plafond d’épouvante échéance
Où le pas pesant de l'ogre se faisait sentir.


L’enfance n’est plus. Elle n’a pu s’épanouir dans le rire
Alors qu’il lui tardait tant et tant de le vivre avant, de grandir,
Elle ne veut plus désormais,
Plus jamais,
Cette promesse tronquée devenir.


D’une peau d’âne, elle a couvert ses rires,
Son « âme-étincelle » de sa flamme angélique s’est vidée ;
La sève naissante s’est échappée
Des pousses douces de son avenir qui soupire,
Le pas de l’ogre, sans remords,
Les avait écrasées, broyées, pulvérisées...


L’enfance s’endort en météore
Au gel des jeunes vies assassinées.
Mort souhaitée d’une existence aseptisée qui n’est plus que forcée.
L’âme violée au port anesthésie le corps,
Le transperce d'abord et à jamais blessée l'endort .


L’enfance bafouée n’est plus impatiente.
Et plus jamais ne tente... jamais ne tente
Du ventre sentir le bombé de soie
Ou les bourgeons des petits seins naissants
Elle veut simplement disparaître au regard de l’ogre insistant.


Les cris retenus de l’enfance ne veulent pas sortir.
Ils continuent d' étouffer la gorge qui ne veut pas encore dire.
La vie passera en guerres et escarmouches, en luttes et en combats
De tous les possibles qui ne seront pas. Vivra l'en-avant du pas
Pour qu'ainsi d'une nouvelle naissance, elle accouche de son yantra.

****

Larmes qui, dans la nuit, brûlez le temps d'aimer.

Larmes qui, dans la nuit, brûlez le temps d'aimer
Dans la pâleur du soir et les plaies du silence
Ou dans les souvenirs auxquels on se soumet
Vos cœurs étaient l'écho des pas de votre enfance !

Nul ne sait à quel point le fardeau est immense
Quand le pénible enfer que vous avez vécu
Réduit bien des images à une seule souffrance
Et tant de souvenirs que vos âmes ont tus.

Larmes, qui dans la nuit, brûlez le temps d'aimer.
La vie a du graver à l'écorce des pages
Qu'au profond de vos âmes vous portiez ce secret
Tremblant comme un sanglot d'impuissance et de rage.

Quand vous serez guéries du nœud qui vous assert,
Libre de peindre "aimer" aux tableaux de la vie
En renaissant ainsi deux fois à la lumière
Sachez que votre force a vaincu bien des cris.

Larmes, qui dans la nuit, savez panser les roses
Et enfanter le monde de par votre courage
Vos rêves à l'avenir seront bien moins moroses
Car l'espoir est toujours aux portes de l'orage.

Larmes qui dans la vie vous mêlez du remords
D'avoir été présentes où vous n'auriez dû l'être
Quelque part où vos yeux ont eu juste ce tort
D'être ainsi né l'enfant pour qui le temps est traître.


Ô larmes qui flottez au-delà de nos rêves
Faut-il tant de fois taire au lieu de dénoncer ?
Avant que de partir, gravez donc à la sève
Que l'enfant naît richesse qu'il ne faut point toucher.

***

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Poster Thread
naive
Posted: 2008/10/19 11:31  Updated: 2008/10/19 11:31
Modérateur
Joined: 2007/11/26
From:
Posts: 494
 Re: D’une peau d’âne, elle a couvert ses rires ... suivi ...
Le genre de texte que je serais incapable d'écrire. C'est beau et porteur de quelque chose vers lequel je me dirigerais peut être un jour (du moins en poésie). J'apprécie particulièrement ce vers: "l'espoir est toujours aux portes de l'orage"
Sahel
Posted: 2008/10/19 12:08  Updated: 2008/10/19 12:08
Webmestre
Joined: 2006/6/20
From: Rhone.
Posts: 1929
 Re: D’une peau d’âne, elle a couvert ses rires ... suivi ...
Adella, je t'aime mon Amie, pour tout ce que tu représentes, rien à dire de plus, très touchée.
Adella
Posted: 2008/10/19 16:25  Updated: 2008/10/19 16:25
Modérateur
Joined: 2008/8/5
From:
Posts: 853
 Re: D’une peau d’âne, elle a couvert ses rires ... suivi ...
Belle Naïve, son écrit est tellement beau, que je n'ai pu résister au plaisir de le publier. Je suis émue aussi que mon écrit ait en réponse un si beau poème de la part de Sahel.
Merci de t'être posée sur nos mots.

Adella
Posted: 2008/10/19 16:27  Updated: 2008/10/19 16:27
Modérateur
Joined: 2008/8/5
From:
Posts: 853
 Re: D’une peau d’âne, elle a couvert ses rires ... suivi ...
Ma Belle Sahel... c'est moi qui suis touchée.
Pour ton anniversaire, c'est toi qui m'a fait ce cadeau : un poème en forme de douceur-amie-soie.
carisa
Posted: 2008/10/19 18:28  Updated: 2008/10/19 18:28
Nouvelle plume
Joined: 2006/8/14
From: Dreux 28100
Posts: 148
 Re: D’une peau d’âne, elle a couvert ses rires ... suivi ...
Réalité qui me touche particulièrement.

Je réalise le mal être de ta vie Maman
Les "sus" étouffés au nom de la "famille"
Ta souffrance et ta rage de n'être pas "mieux née"
Et tant de désespoir que tu as refoulé
Pour nous tes enfants que tu as aimés.

Repose en paix, Ma petite Mère où que tu sois
je t'aime.


"La vie passera en guerres et escarmouches,
en luttes et en combats,
de tous les possibles qui ne seront pas".


"Ton coeur était l'écho des pas de ton enfance,
Nul ne sait à quel point le fardeau est immense"
Adella
Posted: 2008/10/19 19:42  Updated: 2008/10/19 19:43
Modérateur
Joined: 2008/8/5
From:
Posts: 853
 Re: D’une peau d’âne, elle a couvert ses rires ... suivi ...
Bonsoir mon Amie... le silence est un fardeau qui se répercute longtemps dans l'espace mais le temps fait comprendre que l'on se redresse face à ces épreuves et que l'on gradit de ce souffrances. Sinon... pourquoi ? Merci de tes mots Carisa.
Nostalgie
Posted: 2008/10/22 18:17  Updated: 2008/10/22 18:17
Joined: 2006/6/28
From:
Posts: 526
 Re: D’une peau d’âne, elle a couvert ses rires ... suivi ...
A vos larmes, amies,
D'autres larmes je joins,
A ces larmes de nuit
Enfouies toutes en recoins

Mais qui ont fait de nous
Tant de vies en pâture
Qui se veulent courroux
Pour survie en armure.

Tous ces cris de silence
retournés aux étoiles
Mais le ciel est présence
Et dans nos coeurs le voile

Ne se baisse jamais
En couleur acceptance
Brûlé au fer sans paix
Qu'est cette mort d'enfance.

Et ce soir je vous lis
Et ce soir je vous aime
Toutes deux réunies
Dans ma souffrance même

Il est des jours maudits
Qui se comptent éternels
Mais mon coeur dit aussi
Que nos Ames sont belles...


Adella, Sahel, que vos mots ont touché ce soir le fin fonds du coeur de Nostalgie !

Rien n'est anodin, les soeurs de Tout se reconnaissent souvent.

Bisous très fort à vous deux
Les larmes mêlées s'ouvrent peu à peu aux autres couleurs du verbe Aimer

Patsy



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