L'enfant aveugle

Tout se fait calme en ma demeure,
Il semble que le jour s'enfuit,
Que ce jour renaisse ou bien meure,
Moi, je vis sans fin dans la nuit.
Je sens bien le soleil éclore,
Et la terre sous ses doux feux,
Revivre et même rire encore
Mais comment luit-il dans les cieux ?
On me dit : La nuit recommence
Et le ciel est tout étoilé
Mais je n'entends que le silence
Et son éclat reste voilé.
On me dit que les hirondelles
Volent fières sous nos climats,
J'entends le bruissement des ailes,
Hélas, mon oeil ne les voit pas.
Voici donc ma grande misère,
Le reste ne compte pour rien.
Jamais, je n'ai pu voir ma Mère
Mais mon coeur, lui, la voit si bien.
Baboo