Tu sembles retenir ton souffle,
Médusé par ta muse amusée.
Ces instantanés du génie qui souffre
Ne sont plus que des débris d’idées étiolées
Quand le mutisme mutile le musicien,
Quand il lui tranche ses mots,
Il n’est plus qu’un cri sourd, un suicide de pantin.
Marionnette inanimée devant son piano,
Ombre morte accrochée à sa guitare,
Des étincelles au bout des doigts, l’orage se prépare…
Ne laisse pas ta voix dans le noir,
Ne laisse pas tes mains s’effacer.
Ode à la joie ou requiem qui s'égare,
La musique est
Une hémorragie qui ne s’arrête pas.
Tu marches sur un câble électrique,
Les mains sur tes oreilles, les lèvres cousues d’un fil d’acier.
Tu trembles, tu sais que tu vas tomber.
Mon prince, mon tyran, ne me dis pas que tu abdiques…
Tu n’es qu’à moitié homme.
Mon centaure à corps de guitare,
Une mélodie fantôme.
Laisse-moi encore t’écouter ce soir…