La brume ce matin peint la nature en gris :
Au chevalet du peintre, l'âpre térébenthine
explique sa façon d'étaler son mépris
pour les couleurs si crues que le soleil distille.
Les floconnements doux fardent la terre bleue
d'une coquetterie si pâle au point du jour,
qu'on ne sait à l'instant si le ciel est heureux
de naître de la nuit où dorment tant d'amours.
Un dieu venu d'orient, irradiant de flammes,
en maître absolu, déchirera les voiles
pudiques de l'aurore et offrira son âme
au monde émerveillé de lueurs matinales.
Epilogue d'un songe glissant de son coeur nu,
par l'artiste debout, aux pinceaux caressants,
la toile vient au monde, invente ce qui n'est plus
ou n'a jamais été, l'infini du Vivant.
2 octobre 2008 - Mady Kissine