Je suis un aveugle,
Qui a égaré sa canne,
Je me sens si seul,
Recherchant le fil d’Ariane,
Et tout m’insupporte,
En cet instant je renonce,
Le chagrin m’escorte,
En cet instant je m’enfonce.
Ou est la lumière,
Que dessinent les poètes,
Où vont mes prières,
Qu’à perdre raison je répète,
Les clopes que j’allume,
Toujours plus concomitantes,
Sont des phares dans la brume,
Pour qu’ils aperçoivent la pente !
Je suis rassasié,
Croyez moi je n’ai plus faim,
J’ai bien trop bouffé,
De ce foutu mauvais pain,
Et quand j’ose croire,
Avoir scier les barreaux,
Ces lames de rasoir,
Viennent s’inviter sur ma peau.
Et toi qui me manque,
Partie découvrir ta vie,
Qui obsède mon encre,
A tel point qu’elle s’annihile,
Dans un comble d’ironie,
C’est ton absence qui m’étouffe,
Et qui me réduit,
J’ai perdu mon second souffle.
A force de travail,
J’ai bien cru être assez fort,
Avoir forgé les rails,
Sur la route des trésors,
Rendu mes épaules,
Plus solide que le fer,
Modelé ma taule,
Comme armure de mes viscères,
Pourtant comme un viol,
Les marées sont revenues,
Emportant sur le sol,
Les châteaux que j’avais su,
Façonner de mes mains,
En domestiquant le sable,
Trahison du destin,
M’interdisant une étable.
Les vents se sont mis,
Sans nulle brise préalable,
A souffler de plus belle,
En une force formidable,
Sur des plaines éparses,
Ils m’entraînent à leur guise,
Me couvrant de traces,
D’impuissance que je déguise,
Quelques accalmies,
Oasis dans le désert,
C’est moi, l’insoumis,
Me rassure de cette manière,
Mais je me rends bien compte,
Qu’au travers de cette souffrance,
Je suis celui que l’on dompte,
Ces névroses mènent la danse.