La biche sans un bruit sourit à la rivière,
aérienne douceur qui caresse les fleurs
sans déranger la joie fraîche des primevères
et ses timidités fauves aspirent l'air
d'un baiser merveilleux, une étoile d'argent.
Jamais ne fut plus belle à voir la soif d'aimer,
fuyant sur les galets comme des seins d'enfant.
Dans l'onde ses yeux bruns signent l'infinité.
Par l'eau claire qui part au loin, les lèvres nues
des biches langoureuses chantent sous le soleil
l'exquis apaisement où l'âme retenue
n'ose s'abandonner aux délices du Ciel.
Frêles comme des joncs, le reflet de ses pattes
ondule dans le lit frais de la fluidité.
A peine le poisson dans le miroir cristal
frémit-il en glissant sous les baisers mouillées.
25 septembre 2008 - Mady Kissine