Dieu qu'il fut doux le temps où l'azur au-dessus
de toi auréolait nos sourirs partagés.
Tu m'étais un enfant, choisi et superflu
un enfant du coeur, oui, à vingt ans tu m'es né.
Et je ne savais pas les gouffres de ta vie
que par trop de tendresse tu feignais d'ignorer
tu m'as été cet ange qu'on n'ose dans l'oubli
regarder dans les yeux de peur de le blesser.
Peu à peu tes souffrances sont venues m'abîmer,
enrobées de musique où ta timidité
s'échappait lentement, s'excusait de passer...
Tu niais le Divin qui t'avait mal aimé.
Mais nul ne sait l'enfer où brûle un coeur d'enfant
privé dès sa naissance de l'amour maternel,
martyr sevré d'aimer aux tout premiers moments :
Dans son âme en prison il cherche en vain le ciel.
Si l'on ne sait aimer, pourquoi donc enfanter :
Les chiennes, les louves même, donnent un baiser chaud
aux petits nouveaux-nés... Lors tu fus rejeté,
frappé.. Mais sans haine tu aimais ton bourreau,
Et trop tard j'ai compris tes secrets innommables.
Au hasard de ma vie tu aimais te blottir
dans la chaleur sereine des dîners à ma table.
Par toi j'ai cru l'espoir de ne jamais finir.
Maintenant où tu dors, un morceau de mon coeur
à jamais déchiré des maux auxquels tu penses
sans fin berce l'enfant qui n'eut pas de bonheur
et pleure ton départ infini et immense.
14 septembre 2008, à Olivier – 1978-2003
Mady Kissine