Sur la route de l'automne, jonchée d'aigres plaintes,
Crissent des feuilles mortes, telle une sèche quinte.
Pleurent les branches ternies leur diaprure d'antan,
Autant que les douces roucoulades des aimants.
Déserte, au fond du bois, l'allée des amoureux,
Regrette les effluves fleurés des cœurs en feu.
Triste le chant des sirènes sur les berges coites.
Les ondes, esseulées, retirent leurs toiles moites,
Sous le regard embrumé d'un ciel moins clément,
Que, tôt, lacéreront des sabres intolérants.
Déjà, le crépuscule a mis sa cape de sang,
Pour écouter, de l'orage, son lugubre chant.
Tout s'incline, piétine, imminente la chute;
Les beaux jours s'enlisent dans une saumâtre fuite.
Adieu l'été, loin les badinages sur les grèves
Arrosées de nos rires pétillants; ô charmants rêves!
Lointaines nos balades dans le bois ombragé,
Où nous roucoulions, ivres tourtereaux embrasés.
Pareilles à un ouragan, se déchaînent mes craintes,
D'une sourde souffrance, ma poitrine est empreinte.
Las mon cœur, mes pensées grelottent, comme des feuilles
Mortes au gré d'un vent du nord; mon âme est en deuil!
Le 10/9/2008
Khadija