Le faisan
Je planais fièrement sur un champ désolé
Quand tes coups de fusil, lâchement m'ont volé
Ma vie de bel oiseau, ma liberté insigne,
Mais déjà tu te rues me porter en cuisine.
Avant d'être plumé près du fourneau joyeux,
Vois-tu, je suis d'abord un régal pour les yeux.
Comme sur les forêts, Novembre est sur mon aile,
Chaque plume à mon col imite une prunelle.
Et riche, et roux, et bleu, sur la table laissé,
Je suis très beau, j'ai l'air de l'automne blessé.
Avant qu'à la cantine obscure tu m'emportes
J'ai l'air d'un grand seigneur vêtu de feuilles mortes.
Baboo