Je suis passé si près du gouffre, que j'en ai même senti son abyme. Humer son odeur, mais rien n'est fait, au contraire, tout est à faire. Le plus beau reste à faire. Je m'ennivre de mon passé, des mes tendres et jeunes années. Je prie chaque seconde de trouver mes idéaux, là, juste là , quelque part, plus loin peut-être ?
Mais il faut paraître, en parade ou au supermarché. Il faut subsister, le coeur vaillant, les paupières lourdes, les cils mouillés, il faut avancer. Puis il faudra choisir de nouveau, passer près du gouffre, ressentir la peur, le coeur qui tape. Raconter, parler, et puis rire, sourire, ou bien pleurer, qui peut m'aider ?
Les larmes coulent, le temps passe, le passé s'éloigne. On garde le meilleur, on se pose des questions qui ne tiennent pas debout. On s'endort comme avant. Et puis on va se remmettre à courrir de partout, le coeur en avant, les bras écartés pour chasser les autres. Puis on revient, moins malin qu'avant, plus sage à présent.
Il reste ces mélodies, ces odeurs, saveurs du coeur qui nous font oublier parfois le monde. Et ces ondes qui nous traversent, comme pour dire de ne rien oublier, que tout est un tout, et que cela fait parti de nous.
On a si peur d'oublier, je m'endors les yeux ouverts, comme pour mieux happer et ne rien rater de la moindre lumière.