La rencontre trouble... (suite 2)
[Elle entend qu’il marche derrière elle, toujours s’excusant :
- Tu sais, j’aime les femmes-femmes. Toi, aimer danser ?]
Surtout répondre quelque chose, ne pas lui laisser voir sa peur.
- Bien sûr mais là, vous allez me faire rater mon train. Vous m’excusez…
- Bien sûr, mais toi aimer danser ?
Et la dépassant, il se plante devant elle, tire son sac à dos vers l’arrière, d’un mouvement souple, et fait le geste de se mettre à danser et à l’inviter d’un mouvement de ses bras.
Elle pense à un pas de danseur argentin. Elle essaie de le contourner, en continuant à le regarder dans les yeux.
- Toi beaux yeux. Il faut vivre. Tu es femme-femme, toi aimer vie…
- Bien sûr, mais là je reviens de chez des amis, je suis fatiguée et mon train…
Il ne la laisse pas terminer.
Il s’avance vers elle, lui prend la main qui n’est pas agrippée à son sac à main et lui murmure :
- Laisse-toi aller. La danse c’est bon…
Et il la plaque contre lui et continue à dire des mots qu’elle ne comprend pas.
- Bien, c’est gentil de vouloir m’apprendre à danser, mais là…
et toujours se forçant à sourire, sans brutalité, elle le repousse… fermement mais sans brutalité. Enfin, elle espère.
Personne ne s’arrête, personne ne demande si … Rien !
Alors, elle pense à toute vitesse, les tourniquets ne sont pas loin !
Elle le laisse la porter jusqu’au bout du couloir et là elle s’aperçoit qu’elle tient toujours son ticket, qu’elle avait sorti de son sac avant de descendre du métro, entre ses doigts crispés…
Elle ne sent plus rien…
Ce corps est sur le sien… sa robe est toute légère, fine. Comme inexistante.
L'image d'elle contre lui est là.
Panique. Trouble.
Ne pas se débattre, surtout ne pas se débattre, résister jusqu’au premier tourniquet… pourvu qu’il soit dans le bon sens, ce sacré tourniquet… pourvu… pourvu qu’il, LUI, ne devine pas sa manœuvre…
(à suivre...)