La femme écartelée,
Muselée.
Tantôt réceptacle et Divinisée,
Tantôt Putain et Diabolisée.
Le cœur excisé, la pensée castrée,
Rendue eunuque de sa propre féminité.
Terre originelle violée,
Simple matrice, aux Sens oubliés.
Gaia domptée,
Gaia écartelée,
Gaia abîmée.
Gaia tuée.
La main de l’homme, pour oublier ses maux
N’est plus houe.
Elle n'est que couteau,
Ne labourant que boue,
La Terre mise à genoux
Sans plus de tabous.
IL ne croit pas en son destin,
Il doute
De ce qu’il pétrit de ses propres mains.
De l'homme aimant, meme, les élans redoute
Et il devient geôlier
De sa propre volonté.
De rites furieux,
De la mère, oublieux,
Il est le sacrificateur,
Se croyant purificateur.
Et en prêtre scarificateur,
Il se veut des âmes, le marqueur.
Mais si la femme se laisse marquer,
Elle ne pourra longtemps son destin tromper.
Elle le reprendra dans ses mains.
Et ce ne sera plus en vain
Qu'elle le tendra aux cieux,
De ses propres Dieux.
Alors, adieu le Sacrificateur,
Bonjour, le compagnon, le complice partageur
Des fruits de la terre.
Et les offrandes de la Mère
Enfin accepter, sans plus les dédaigner,
Et ensemble, enfin, partager.