La rencontre trouble... (suite 1)
[Un homme, se dirigeait vers elle, semblant chercher son chemin, tranquillement, la croise, va pour la dépasser…]
Puis comme si décidément, il ne trouvait pas la bonne direction, il lui demande quelque chose en commençant par s’excuser.
Elle ralentit avec un point d’interrogation dans le regard. Des gens continuaient à circuler dans le couloir. Elle regardait autour d’elle et ne quittait pas le regard de l’homme. Elle n'était pas encore inquiète. Il avait l'air vraiment perdu...
Elle ne voulait surtout pas qu’il sente quoi que soit d’autre que la bonne volonté d’une voyageuse prête à aider.
Pas de peur, ni de mépris… ni quoi que cela soit qui puisse déclencher un geste un ou une réaction de violence.
- Pardon, je n’ai pas compris où vous vouliez aller ?
- Pardon, je ne veux pas vous embêter, mais…
- Oui… répondit-elle en s’obligeait à le regarder tranquillement dans les yeux.
- Ce n’est pas pour vous embêter, mais je voulais te dire, tu dégages…
- ?
- Tu es très femme, toi, tu…
- Excusez-moi, répond-elle avec un sourire, mais je suis assez pressée, j’ai un train…
- Non, non, moi pas vouloir vous embêter, mais vous dire simplement...
Elle regardait autour d’elle…
Le flux du métro qui l’avait transportée s’amenuisait et le couloir se vidait.
Les rares personnes, même si elles regardaient distraitement dans sa direction, reprenaient bien vite leur chemin.
Surtout, ne pas baisser le regard, surtout, faire comme si tout était normal.
Tout est normal,se disait-elle en elle-même. Il va dire ce qu’il a à dire puis il va partir. Cela était déjà arrivé.
Dans la rue, une sorte d’élan poussait certains hommes et même des femmes à lui dire ce genre de choses. Sur ses yeux… son sourire. Et on passait son chemin. Une sorte d'élan en fait, humain... Pourquoi y voir des arrières pensées ? Une envie de communiquer quelque chose, à l'instant. Comme un trop plein de bonheur à faire partager, vite. Sans attendre.
Mais les yeux quelquefois, produisent quelque chose d’inquiétant, de trouble, indéfinissable et là, prudence, faire comme si tout était normal.
- Merci. Au revoir.
Et se détournant elle continua dans le couloir, pressée de trouver son train à quai.
Elle entend qu’il marche derrière elle, toujours s’excusant :
- Tu sais, j’aime les femmes-femmes. Toi, aimer danser ?
(à suivre...)