Ne pleure pas, ma jolie fleur...
Ne pleure pas ma jolie fleur...
Pourquoi je lui dis cela, moi...? C'est d'un...
Jolie Fleur !
Je vous demande un peu…
Mais c'est vrai qu'avec ses yeux rougis, le nez humide, la bouche en cœur, ses joues rosies par l’émotion, elle a l’air d’un bouton de rose.
Là, il faut faire attention. On est entre femmes que diable !
Donc, attention aux mots employés. Ou dits dans un souffle.
Alors, je ne dis plus « ne pleure pas… » puisque justement...
Puisqu'elle est en train de pleurer et qu’il faut que ça sorte.
Ni de « ma jolie fleur » non plus.
Je me mets près d’elle. Un bras autour de son épaule...
Et là contre mon flanc, la serrant un peu, un tout petit peu, tout bas contre son oreille :
Dis-moi, ma douce…
Et là, un gros soupir, un gros sanglot. Sa tête tournée enfin contre ma poitrine, elle se berce.
Les mots viendront. Ils sont à fleur de larmes.
Je devine. Un chagrin d’amour.
Alors, je fais quoi ? Moi, je suis là. Mais ce moment appartient à sa mère.
Enfin, si j’avais eu une fille, j’aurais aimé partager cela avec elle.
A y réfléchir, ce n’est pas si différent avec mon garçon.
Je souris à celui qui est né de moi, de nous… et je me souviens.
Même maintenant avec ses douleurs d’homme. Il vient raconter avec ses yeux. A moi ou à son père. A son père ou à moi. Chacun apportant sa sensibilité à ses souffrances pour l’apaiser. Et sa sérénité retrouvée, le voir s’envoler encore.
Mais, là, c’est moi qui suis là.
Alors je reviens à ma fleur aux pétales froissés.
Je ne dis plus « dis-moi ».
Je la berce doucement.
Comment il s’appelle déjà son ami de cœur ?
Sa mère me l’avait confié dans un clin d’œil, et justement, la veille, j’ai cru comprendre que le Prince du Cœur de ma nièce, ne se serait pas conduit en « gentleman ».
Là c’est moi qui souris.
Mais j’ai envie de pleurer avec elle… accompagner ce gros chagrin.
Je continue à la bercer, en lui disant des mots, comme une berceuse justement : « ma douce, ma douce… ».
Alors elle me dit, dans un sanglot :
« Il ne me dit plus bonjour. Je ne sais même pas pourquoi… ? »
En plus il rit avec Elodie alors qu’il ne l’aime pas…
Incompréhension. Le comble est là.
Elle a l’air de dire que c’est d’une lâcheté !
Pas même une explication.
Je la laisse déverser sa douleur. Immense.
Je retiens la phrase « Tu sais les hooomm…. Enfin je veux dire les garçons… »
Ce n’est pas ce qu’elle veut entendre.
IL est dans ses sanglots.
Alors doucement, j’embrasse ses cheveux.
Je pose ma joue sur sa tête doucement.
Oui, parfois, on ne comprend pas toujours.
Alors dans ce cas…
Je vais chercher un gros chagrin au fond de moi… Pas si enfoui que cela, en fait…
Il est là, il affleure…
- Tu sais TaJo a eu un amoureux...
Là, je sens que son petit cœur se calme et soudain attentive à autre chose qu’à son immense sanglot… lève les yeux, mi étonnés, mi-complices, et ébauche un sourire qui dit « Raconte, alors toi aussi… TaJo ? Toi ? »
- Oui... tu sais... On partageait tout… Un jour…
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