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Adella a publié ce texte le 22/08/2008 à 20:18:07 |
Que certaines rencontres sont belles…
Je me dirige vers les es
Ma valise devant moi.
Je monte tranquillement.
Une femme déboule.
Mi-pleurant, mi-criant.
- Ma fille, ma fille !
Elle est en pleurs.
Je regarde autour de moi.
Aucun bout’ chou dans les parages
Qui semblerait perdu.
Je fais un mouvement vers elle.
Un bras se tend. Je le saisis.
Elle pleure. Elle crie.
Elle semble se noyer, noyée.
Dans des « vagues-
Que, vite les pompiers on prévienne.
Quel est le numéro des pompiers dans ce pays ?
Je ne connais…
La maman hoquetante gesticulant explique…
- Elle est tombée… D’un coup.
Elle répète :
- Là… d’un coup…
- …
Ce « d’un coup » semble résumer toute l’horreur, l’étonnement que « cela » puisse être arrivé. Mais arrivé quoi ? J’essaie de comprendre. Et surtout ne pas dire les phrases idiotes «
Non, la regarder… aller vers elle et si elle veut, si elle tend son bras, sa tête…
Ce regard ne sait plus.
Semble perdu.
Un espoir au coin des yeux quand même :
Les fils de notre regard se sont noués.
Elle arrête sa danse-conjuration
Son corps-liane vrille.
Se tend vers moi à me toucher.
Je saisis son bras.
Une pression…
« Vous n’êtes pas seule ».
Et je balaye la salle immense autour de nous.
Je ne vois toujours personne.
Aucune petite fille. Par terre…
Mes yeux volent au dessus de nous.
Et je remarque les barres métalliques du plafond, comme si je pouvais y trouver l’enfant, accrochée là.
Et la vue plongeante du plafond vers la salle.
Je nous vois, acteurs d’une pièce sans spectateurs.
Mes yeux reviennent sur la maman éperdue.
- Où… ?
- Là, là…
Voilà, je la vois, affalée sur ce banc de la salle…
Et mes yeux saisissent les taches de son autour du nez.
Les paupières baissées. La bouche.
Elle fait un signe de la main comme pour chasser l’air. Ou une vision d’horreur… Impossible. Je me sens comme planant vers elle.
La petite fille est étendue, là… Absente à ce qui se passe.
Enfin, elle semble reprendre vie.
Je la regarde.
- Cela va aller.
Ce n’est qu’un évanouissement.
- …
- Oui, cela arrive, vous savez,
Je connais ce…
Cela va aller…
Alors j’arrête quelqu’un… d’autorité.
Mon portable à la main.
- S’il vous plaît. Les secours.
- Vous avez le numéro des secours ?
Il me regarde, nous regarde.
- Il faut un médecin, je lui précise.
- …
- Sinon je vais jusqu’à la pharmacie
Je l’ai vue en passant dans l’autre couloir. Et là…
- …
- …Ou restez avec elle ou… allez-y ? Je continue, pressante…
Chance. C’est quelqu’un du coin.
Il travaille dans la gare.
Alors, il sort son portable.
Il a compris la situation.
Les secours sont là.
La petite fille reprend pied dans la réalité.
Les mains de sa maman sur sa tête, le front. La mienne, sur sa petite main…
- Ne vous inquiétez pas. Ils vont la soigner…
Une évidence, bien sûr,
Mais qui lui fait reprendre couleur.
Cela me ramène à un souvenir.
Cette autre petite fille de treize ans
Qui est tombée « d’un coup »,
Elle aussi, soudain absente
Au monde qui l’entourait.
Le papa affolé, dans ce couloir d’un train de va
Je souris à l’image de cette toute jeune fille. Je me secoue.
Allons, pas d’attendrissement. Tu « te » la raconteras une autre fois cette histoire.
Une dernière pression sur le bras
Nos mains se lâchent.
Un regard.
Ce regard…
Que certaines rencontres sont belles.
Les yeux mouillés me disent merci.
Je luis souris.
La vie continue.
Alors ce quai… ? Quai 8… je me dirige doucement.
La France… C’est par là… indique une flèche.
Allons, mon train va partir. Je rentre chez moi.
Oui, la vie continue.
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Belle narration dramatique et description prolixe d'une rencontre faite surtout de... silences. --------------------------------------------------------- Toi moi ton amour mon amour notre monde comme de nuages et d'ombre des vaisseaux de beauté. Claude Colson
http://claude-colson.monsite-orange.fr |