Je veux que tu prennes quelque chose d'elle...
- Je veux que tu prennes quelque chose d’elle.
- …
- Voilà. Un foulard. Ou ce…
Elle étale ce qu’elle a dans ses bras.
- Mais je ne peux pas accepter, que je lui réponds, intimidée.
- Si, si…
- …
- Je te l’ai dit. Tu me fais penser à elle. Cela me plaît le fait de savoir que quelque chose d’elle est gardé par toi.
- Mais je ne la connaissais pas.
- Et pourtant… me dit-elle, son regard plongeant dans mes yeux.
Elle me regarde. Et me prend dans ses bras. Me serre. Rit. Ainsi nos yeux, mouillés, se remettent de cette émotion qui nous laisse, là. Puis, comme s'il fallait à tout prix faire quelque chose, elle danse. Enfin, elle fait un mouvement qui m'emporte aussi, les bras collés à elle.
- Ecoute…
Je tente d’expliquer que je ne connaissais pas sa mère. Comme si j'avais quelque chose à lui apprendre...
Mais elle, elle semble persuadée du contraire.
- Je t’ai déjà expliqué…. dit-elle, un reproche attendri dans la voix.
Alors elle me répète ce qu’elle m’avait déjà dit par téléphone ou par les mails.
Cette ressemblance entre moi et sa mère. Pas physique la ressemblance mais des traits de caractère. Des expressions et maintenant qu'elle me voie, ajoute-t-elle, des mouvements du corps, des gestes aussi, qui la font revivre.
Je suis émue malgré moi.
Alors je lui demande.
Elle s’appelait comment ?
- Irène.
- Irène... dis-je en écho comme on dirait : "Enchantée"... Je regarde le foulard, la voix étranglée.
Je m'en sais délicatement. Je le caresse. Je le mets dans mon sac. Un instant d'hésitation. Je n’ose le porter à mon visage, en caresser mes joues. Pas encore, pas devant elle. Et je ne dis que :
- Merci.
Ma voix est un peu enrouée quand-même.
Alors, elle va chercher des photos.
Et on parle d’Irène.
Elle doit être étonnée, de là où elle se trouve, de me voir hériter d’un de ses foulards préférés alors qu’elle ne m’a pas connue.
Et pour cause. Sa fille, je ne la connaissais pas non plus. Une rencontre par blog. Une voix au téléphone. Des mails échangés. Et puis, enfin, un voyage qui m’a amenée jusqu’à son antre, comme elle l’appelle.
Joli antre. Un antre d’artiste.
Alors, autour d’un thé, on parle d’Irène et bien sûr, de SA fille que j’ai envie de connaître. Mieux. Plus.
Pas triste ne la rencontre. Cela n’engendre pas la mélancolie. Mais une complicité. Des émotions. C’est fou les rencontres de blog.
A genoux, je regarde ses œuvres entassées là. D’autres sur le mur.
Elle me demande de choisir. Encore ?
Mon Amie. Merci.
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