Te souviens tu ?
Te souviens tu de nos promenades sur les quais ?
La nuit tombait
tu apparaissais
Mon coeur battait très fort
et Paris s'habillait
d'ors et de paillettes
Pour nous accompagner
Jusqu'au bout du petit jour.
Nous avions faim de ces nuits-là !
Nous étions forts, capables de changer le monde
Capables, à force de tendresse et à force d'amour,
De bâtir un royaume, de cimenter nos rêves,
Ceux qui animaient ces nuits,
Rêves de lendemains qui chantent
cris d'enfants,
Foyer,
Et rêves de paix, et de pain pour tous.
Mais comment ériger des ponts jusqu'au plein jour ?
Te souviens tu ? à l'aube vaguement agacés,
Car privés de nos heures câlines,
Nous rentrions,
Rendus à nos besognes, à nos impuissances...
Cependant que notre vieux rêve humaniste,
chevillé à nos coeurs, enflait de raison.
Les années ont passé, et nous avons bâti.
Le rêve, pour moitié, a transformé nos vies,
Mais je serai comblé quand germeront partout,
Tout autour de la terre, les graines de la paix,
Ces graines que des illuminés sèment pour que perdure
Une idée, presua folle, inaccessible ou presque,
Une idée, comme un cri,
comme un enchantement
Une idée comme ça, pour croire, finalement,
pour dire que vivre tous ensemble est chose possible
Pour que la bête succombe
Pour que la tôlérance se répande,
ET POUR QUE L'HOMME MÛRISSE,
ENFIN !