La complainte d’un cadre moyenoù l’édifiante histoire de Furiosa, poète maudit
Qui dût travailler dur pour prouver son génie.
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Ecoutez, braves gens, oui, écoutez-moi bien.
Je m’en vais vous conter, sans ne rajouter rien,
La véritable histoire d’un pauv’ cadre moyen,
Innocente victime d’un monde inique où rien
Ne protège l’âme pure des hordes de sauriens.
App’lons le Furiosa. Ce nom n’est pas le sien,
Mais de honte il mourrait, si on savait combien
Il dût travailler d’heures pour nourrir tous les siens.
C’était un cadre intègre, c’était un homme de bien.
Il travaillait très dur, pour un patron requin,
Ne comptait pas ses heures, restait même à la fin
D’une dure journée d’labeur, quand ses collègues, enfin,
Pouvaient partir à l’heure pour reprendre leur train.
Oui, mais son dévouement ne lui rapporta rien.
De plus en plus de mal il eût pour le maintien
De son pouvoird’achat. De ces politiciens
Et du chef de l’état il n’eût aucun soutien.
Il dut bientôt rogner, compter ses quelques biens,
Sortir moins souvent, moins refaire le plein,
Faire ses courses chez Aldi, et ça vraiment ça craint,
Tout, pour au bout du compte, se retrouver sans rien.
Plaignez tous, braves gens, le pauv’cadre moyen !
Il faut pourtant parfois, c’est dur, je le sais bien,
Accepter de tout faire, pour sortir du pétrin.
Il dût donc se résoudre, œuvre de galérien,
A dev’nir un poète, un genre de musicien.
On peut le voir parfois, assis, ne faisant rien,
A u détour d’une allée, sur le banc d’un jardin,
Cherchant l’inspiration, Le nez dans un bouquin,
Et n’enviant plus la vie du pauv’cadre moyen !
© jowa59