Sous le faix des ans le sire de la savane,
Seul, médite, crinière soumise au vent.
La horde l'a renié, pour un jeune arrivant.
Dans l'immense arène, lointaine la caravane!
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Au lieu de le hisser sur la cime des grands,
Les ans le lâchent dans l'abîme de l'oubli,
Gouffre vorace d'un crédit, jamais ravi
Par un mâle concurrent, aux désirs si francs.
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Il rugit sa colère: douloureux l'abandon,
Béante la blessure d'une grandeur déchue.
L'horizon rétrécit à la gloire perdue;
Sur le corps alourdi, se creusent des sillons.
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Sur l'esquif des souvenirs, parade le sire,
Sirote la jouissance d'un règne sans partage;
La rivière de la gloire étreint son amarrage,
Pour un souffle royal dont la savane est fière.
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Du haut de la butte, il admire son royaume.
Le chant de la plaine, hymne de sa grandeur,
Résonne, triomphant, bel écho de l'ardeur,
Terreur à l'affut du festin au fauve arôme.
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Se pare la parade nuptiale de l'or
De la brousse, feu d'un rut, au coucher ardent.
Exerce Sa majesté un puissant ascendant,
Sur la horde empressée de courtiser le plus fort.
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Tombe la nuit, d'argent la savane se drape.
Majesté se balade, sur concert feutré,
Orchestre la ripaille, pour encore s'y vautrer;
Dans l'onde de l'étang, aussitôt, se mire et lape.
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Tel un léger nuage, s'émiette ce beau rêve,
Au gré d'un vent capricieux et calcinant.
Egrener la grandeur à l'alcôve des ans,
Distille la langueur d'une guerre sans trêve.
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La patine du temps, épouvantail dément,
Eloigne les sujets, assujettit le roi,
Rugissement noyé, à l'auge de l'âpre loi
Qui se rit du monarque, et le traite en infant.
Khadija