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Fête de la musique : Malia - yellow daffodils

 Note moyenne : 8/10

  
Posted by laurenceA on 2008/7/20 13:53:53 (83 reads) News by the same author
Fête de la musique



http://youtube.com/watch?v=-pqWcCQcUOI

Malia

A la fin des années 80, pour des raisons politiques, toute la famille de Malia s'exile à Londres, définitivement. Malia a 14 ans et découvre un nouveau monde, de bruit, d'excitation, de profusion… de grisaille et d'indifférence aussi. Un rien complexée, en pleine crise d'adolescence, la jeune fille se réfugie alors dans la musique. A cette époque Londres vibre aux harmonies synthétiques de la new wave, mais à contre-courant, Malia découvre le jazz, Sarah Vaughan, Billie Holiday surtout : c'est la révélation, le coup de foudre, elle comprend spontanément que quelque chose d'essentiel pour elle se joue dans ces voix noires qui chantent si gaiement la douleur d'être au monde (ou l'inverse…). Elle en est sûre désormais, elle sera chanteuse à son tour… Un jour ou l'autre.

On en est là lorsqu'un jour, il y a deux ans à peine, dans un restaurant chic à New York, elle entend par hasard une petite mélodie pop acidulée, doucement teintée d'harmonies jazzy, chantée en français. Elle glisse à sa sœur : " c'est exactement ce genre de chose que j'aimerais faire, il faudrait que je travaille avec le type qui a produit ça… " Comme un défi, l'idée fait son chemin. Malia trouve les références du disque : une certaine Liane Foly - et note le nom du producteur : André Manoukian. Sans qu'elle le sache encore, sa vie vient de changer. Elle contacte Virgin qui lui donne finalement les coordonnées de Manoukian, qu'elle contacte aussitôt. Il se souvient encore de ce premier coup de fil, pas comme les autres : " J'ai très vite compris, au sortir de mes années d'apprentissage passées à la Berklee School de Boston, que mon instrument de prédilection, c'était la voix féminine. Ma collaboration avec Liane, fin des années 80, m'avait permis d'expérimenter à loisir ce rapport privilégié à la voix dans un registre variété jazzy sophistiquée et je pensais avoir fait le tour de la question. Pourtant dès que j'ai entendu le grain de voix de cette fille au téléphone, j'ai perçu quelque chose de particulier. Je lui ai demandé de m'envoyer une maquette pour juger sur pièce de son talent. J'ai reçu très vite une cassette : des standards des années 40, qu'elle chantait accompagnée seulement d'une guitare. Dés les premières mesures, j'ai ressenti des frissons dans tout le corps : une voix comme ça on n'en rencontre pas tous les jours. J'ai su que j'étais reparti pour un tour. "

Leur rencontre est un coup de foudre mutuel. Si Manoukian comprend qu'on vient miraculeusement de lui glisser un Stradivarius dans les mains, Malia saisit instantanément qu'elle a trouvé là son Pygmalion, celui qui saura définitivement lui faire passer un cap.

Ce cap c 'est ce disque, son premier, un chef d'œuvre d 'emblée qui la projette d'un coup au premier rang des jeunes chanteuses de jazz. Un recueil de chanson nues, savamment simples, intemporelles et hyper-mélodiques, qui jouent avec le jazz, avec l'esprit des standards des années 40 (Cole Porter notamment) en s'habillant d'arrangements malins et sophistiqués, ultra-contemporains dans leurs tonalités tour à tour résolument soul ou discrètement électro - particulièrement élégants dans cette façon te tendre vers l'épure sans jamais sombrer dans l'austérité… Mais surtout une voix, extraordinaire, toute en litote et retenue, et cependant magistralement impudique dans sa façon de sonder chaque phrase au plus intime, de plonger au cœur de l'émotion sans effet spectaculaire, sans pathos, simplement en s'appliquant à révéler l'envers des choses à la manière de Billie Holiday ou de Shirley Horn. Une manière unique qu'André Manoukian résume en ces termes : " Malia, c'est le rêve d'un compositeur. Elle peut tout chanter, du jazz, de la soul, du gospel - il y a quelque chose de fragile dans sa voix, d'universel, une pudeur, une innocence : elle est au-delà de la technique. Elle a un rapport à la mélodie extrêmement direct sans fioriture, elle l'interprète à la lettre et c'est par cette sobriété qu'elle la transcende, en s'en tenant à la pureté de la ligne. Jouer la partition, sans la sortir du cadre, c'est là son secret. Cette fille c'est un mélange insensé de classicisme intemporel et d'extrême contemporanéité. " On ne saurait mieux définir le charme inimitable de cette voix d'exception… Écoutez la chanteuse de demain.



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karola
Posted: 2008/7/28 17:02  Updated: 2008/7/28 17:02
Joined: 2007/1/31
From: Québec
Posts: 397
 Re: Malia - yellow daffodils
Note : (8/10)
Merci, je ne la connaissais pas une très belle voix.

bonne journée



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