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Nouvelles Littéraires : Lumière

  
Posted by Sunner on 2008/7/16 23:11:30 (126 reads) News by the same author
Nouvelles Littéraires



Lumière


J'endosse le sac à dos et me dirige vers la porte. Je la claque sans faire attention. J'ai sûrement dû laisser les clés à l'intérieur. Peu importe. Je sors enfin de chez moi. Je suis resté plus de trois jours enfermé. Sans sortir. Le Père l'a voulu. L'air est chaud et lourd. Je marche doucement. Ma montre indique 17 heures. Il me reste donc une heure. J'avance péniblement. Le sac pèse lourd sur mon dos. Les gens sortent peu à peu du bureau et remplissent de leur marche solitaire les trottoirs. Idiots! Ils ne savent pas. Mais je dois leur apprendre. C'est pour ça que j'agis aujourd'hui. Leur ouvrir les yeux. C'est cela. Les sortir de leur abrutissement. J'avance toujours. Soudain, une secousse dans mon dos. Je me retrouve à quatre pattes. Doucement, très doucement, je me relève. Tout mon corps est en alerte. Je dresse l'oreille, attendant le bruit de l'acier qui s'entrechoque. Rien de tel. Je respire. Pas ici. Pas maintenant. Suivre l'objectif jusqu'au bout. Le gamin qui m'est rentré dedans me regarde penaud. Malgré moi, je lui souris. Ses cheveux blonds bouclés peut-être, me rappelle lui à son âge. Il s'enfuit sans demander son reste. Lui aussi doit apprendre. C'est vrai, j'ai été très sceptique sur ce point au début. Pourquoi les enfants? Ils ne connaissent rien à la vie. Mais le Père a sû m'expliquer. Question d'apprentissage. Il faut les prendre jeune. Il a raison. Il a sûrement raison. Non! Il A raison! Je ne peux pas douter! Comme à chaque fois que je faiblis, le Père est là, dans ma tête. Je ne sais pas comment mais je le sens, je le vois en moi. Il ne dit rien mais se contente de me fixer sans rien dire. Il sait que ça me fait le plus de mal. Je serre les poings. Il faut que je reste concentré. L'objectif. Avant tout.

J'arrive enfin devant la bouche de métro. Plusieurs personnes sortent en même temps. Je ne peux pas me permettre un autre choc et j'attends en haut des marches. Ils sont là, pressés de sortir de l'atmosphère pénible et bondée des rames. Je les vois entrain de rentrer chez eux. Inconscient! Inconscient du destin qui les fait sortir quand moi je rentre dans ce qui sera bientôt une fournaise. Inconscient du retard qu'ils prennent quant à leur Apprentissage. Mais leur tour viendra. Bientôt. D'autres que moi endosseront ce sac, « le bagage de Dieu » comme dirait le Père. Une fois seul, je descend prudemment les marches. Le sac pèse lourd sur mon dos. La station, entre deux métros est vide. Au moment de passer les portiques, je prend précautionneusement le sac dans mes mains. Je sens l'émotion m'envahir. Quel honneur le Père m'a fait! Distribuer le savoir de la plus belle manière qui soit! Mais il faut rester calme. J'agrippe le sac par l'anse supérieure et prend la volée de marche qui mène au quai. Quelques minutes d'attente. Je m'arrête au milieu. C'est ici. Le coeur de la rame. Le point de jonction des deux wagons principaux. Je place le sac entre mes jambes. Je le sais aussi vibrant que moi de livrer tous ses secrets. Mais il faut attendre maintenant. Je visualise mentalement le plan de la ligne. 16 stations. Je regarde une nouvelle fois ma montre. Dans les temps. Le quai se remplit petit à petit. Les gens affluent. Je souris, conscient de ma tâche, conscient de sa réussite. Rien ne peu plus m'arrêter maintenant. Rien. Les portes s'ouvrent dans un crissement mécanique. Des yeux, je trouve un siège libre, à côté d'une vieille femme. Je m'assied. Elle me regarde de ses yeux suspicieux de vieillard constamment apeuré. Puis retourne à sa lecture de taupe, penchée sur un de ces livres ronds, aux gros caractères noircis. Presque un livre d'enfant. Je serre mon instrument posé au sol. Jusqu'ici, tout va bien. Tout va très bien. Une nouvelle fois, je cerne dans mon esprit le trajet restant. Gare Saint-Lazare. Le coeur, le lieu de cette vie agitée, trop agitée. C'est par là que tous passent. C'est là que tous ces cerveaux anémiés s'entrecroisent. Pour le Père, rien de plus pernicieux que cet endroit sans âme, où personne ne se voit mais où tous se pressent les uns aux autres. Le meilleur endroit pour en toucher le maximum. Ici je pourrais les éduquer, leur montrer la voie. J'ose imaginer que je serais fort alors. Plus fort que le Père. Plus grand que lui. Un spasme me secoue. C'est Lui. Du fond de mon âme il cherche une nouvelle fois à me briser. Je sais que je n'aurai pas dû. C'est lui qui agira. Pas moi. Je ne serai que le prolongement de son bras armé, le manche de sa lame révélatrice. « Eh! Mais faites attention! » C'est la vieille qui a crié. J'ai dû la bousculer sans faire attention. Je la regarde sans un mot. Attention ... Ne pas se faire remarquer. Je lui dis à voix basse: « Excusez-moi, Madame. » Elle me fixe toujours, outrée. Le train s'arrête à nouveau en gare. Elle pousse un soupir contrit et descend sur le quai. Les gens autour de moi me fixent. Il faut se faire oublier et je fais mine de m'assoupir. Un jeune homme a pris la place de la vieille. Mes paupières mi-closes me permettent de continuer à les observer, tous. Une jeune maman joue avec son enfant. Le bébé, apeuré par les bruits aigües des roues sur les rails pleurniche sans arrêt. La femme tente de le distraire en lui agitant un hochet sous le nez. Au fond de moi, cette fille, cet enfant éveille quelque chose. Je sais que le Père l'a enfouit. Et il l'empêche de remonter. Mais c'est comme ci une part de moi, ce moi d'avant l'Education voulait me dire quelque chose. Et puis subitement, le Père l'anéantit.


La rame dévore toujours les rails de ses dents de métals acérées. Le métro est à moitié remplie mais suffisamment pour que certains restent debout. Je les vois tous. Je ferme les yeux. Je les sens. Je sens ces vies toutes proches, ces égarés pressés les uns aux autres. Je sais que j'approche de l'objectif. Depuis ma sortie de chez Lui, j'ai fait plusieurs fois ce trajet. Toujours à la même heure. Cette phase de reconnaissance m'a permis d'assimiler dans son entière complexité le parcours de la rame. Je sais où elle va. Je sais où je vais. Une fois de plus, égayé par l'ivresse de ma mission, je souris discrètement. Et je sais où ils vont. Je maîtrise cet homme assis à côté de moi. Il semble ennuyé par la lenteur de la rame. Je reste ainsi les yeux fermés, souriant du repos de l'âme que je savoure en ce moment. Ces journées passées dans le noir, seul, m'ont permis de me fondre dans ma tâche. Je suis ce mouvement collectif en avant. Je suis cette carcasse métallique qui nous mène tous à la Révélation Suprême. Je suis le sac. Je suis. Soudain, les pales de la rame frottent les rails jusqu'à les pénétrer de leurs crocs argentés. Je les sens en moi. Une femme, plus loin, pousse un cri. Puis, plus rien. Les lumières se sont éteintes. Seules restent allumées les rares ampoules de sécurité. Le bébé se met à gémir doucement. De plus en plus fort. Les hauts parleurs crachent: « S'ils vous plaît, Mesdames et Messieurs, je vais vous demander de bien vouloir patienter. Problème technique. » Autour de moi, les gens s'agitent. On finit par ouvrir les fenêtres. Quelqu'un crie: « Encore! Putain, à chaque fois c'est la même chose! ». Rapidement, l'atmosphère s'épaissit comme si tous ces corps sécrétaient ensemble une mixture infect de ce stress, de cette fatigue accumulée. Le type à côté de moi s'éponge le front. J'ai ouvert les yeux pris d'une folle intuition. L'heure. Je n'y serais pas! Tout mon corps se ratatine sur lui-même. Je n'y serais pas. Je ne peut pas mener à bien la mission. Pas à l'endroit prévu, ce n'est pas possible, je n'y serais pas! Et le Père hurle dans ma tête. Il le faut! Il le faut! Je me mets à trembler sans pouvoir contrôler mes mouvements. Mais heureusement, c'est mon moi qui tremble, c'est mon coeur, mon désir de mener à bien l'objectif, qui vacille. Personne ne semble avoir remarqué mon changement d'état. Je m'enfonce un peu plus sur le siège. Il faut que je me ressaisisse. Me calmer. Et pourquoi pas ici? Ils sont suffisamment nombreux. Eux au moins sauront. Qu'importe le nombre. Le désir fou d'accomplir une part de leur Education me ronge. Je piétine pour la première fois le Père qui m'assène, impitoyable, sa rage dans mon crâne. Je visualise inconsciemment que nous sommes arrêtés dans un tunnel. Qu'importe le lieu. J'ai déjà la main enfouie dans le sac. Le contact dur du métal m'apaise. Je sens la pression retombée, mon coeur battre plus doucement. Le sang dans mes veines passe calmement. Je caresse des doigts l'Instrument, sourds aux supplications du Père qui cogne dans ma tête. Je touche délicatement les clous fixés au pain de plastique. Tout y est. Le contact du connecteur me renvoie presque sensuellement ce pouvoir délicieux de lumière, d'éclaircissement. J'ai toujours admiré l'image de cette chose en apparence inerte mais capable de fuser, de monter en puissance tel un monstre de clarté L'ensemble se lie à moi par le toucher. Nous ne faisons qu'un. Je sens le mécanisme. Je sens le souffle annoncé de la libération. Nous ne faisons qu'un. Je suis la bombe.

La main fixée sur le déclencheur, je savoure ce moment particulier. Tous sont là, installés dans cette rame comme des pèlerins inconscients attendraient au plus profond d'eux même un signe de leur messie, Le signe. Et je suis là, perdu au milieu de tous. Et je sortirai de l'ombre pour leur donner la lumière, pour leur montrer le chemin. A tous. A l'homme à mes côtés comme à cette femme, cet enfa.. Une boule se forme dans ma gorge. Un sentiment profond m'envahit. Je suis comme violé, pénétré, possédé par cette image fugace. Un bébé. Dans mes bras. Mon bébé. Et cette jeune fille. Ma fiancée. Tout cela me paraît si loin! Je ne connais plus son prénom. Je sais que le Père a tout fait pour que je l'oublie. Elle non plus n'avait pas été Eduqué. Je le savais. Et pourtant, une force sous-estimée me prenaient tout entier, me révélait ce visage. Ce sourire. Son prénom me restait caché mais je me souvenais. Brutalement. Ma main pendait dans le vide à l'intérieur du sac. L'une des vis dont la pointe était tournée vers l'extérieur me blessa au pouce sans que j'y prie garde. J'étais soudain bouleversé par ce souvenir d'une autre, de cette autre vie que j'avais tant cherché à oublier. Et que j'avais crût oublier. Mais elle était là. Bien présente. Un coup. Un seul. Au plus profond de mon nouveau moi. Le Père avait visé juste. Le souvenir s'effondra, soufflé par cette rage qu'il me communiquait et qui renaissait en moi. Sans crier gare, le métro se remit en branle. « Veuillez nous excuser, pour ce dérangement. » J'avais ressorti la main du sac. Je consultais une nouvelle fois ma montre. Plus que dix minutes. Et...six stations. J'aurais le temps. La raison du Père m'avait reprise. J'y serais. Le type qui avait crier tout à l'heure répondit à la voix métallique: « C'est toujours pareil avec vous! Pas d'explication, hein! » Je le regardais furtivement. Il ne savait pas, lui ce qu'il avait évité. Mais je ne voulais qu'une chose. Qu'il pût rester là pour voir. Pour Apprendre. Je croisais le regard de la jeune maman. Je n'avais pas perçu l'éclat tragique de ses yeux. Je sût, à la façon dont elle me regardait et dont elle tenait son petit qu'elle avait compris. Elle avait cette sorte de terreur sourde, de celle que l'on ne peut maîtriser. Je la sentait poussée par le bas par cette force aveuglante. Les larmes lui venaient aux yeux. Elles pressait l'enfant contre son épaule, sourde aux petits cris dérangés qu'il poussait. Le train s'était mis à ralentir. Toujours en me fixant, elle cherchait à attraper dans le vide les poignets de la poussette mais elle agrippait le vide à chaque tentative. Je savais ce qu'elle pensait. Je connaissait cette humanité faite de peur, d'anxiété, ce désir de fuir, cet instinct primaire de conservation. Et l'instinct maternel devait lui hurler de fuir, de protéger le petit. Elle saisit enfin la poignée et poussa le landau en avant, sans prendre gare aux gens restés debout. Elle jeta presque la poussette sur le quai, les deux mains sur son enfant. Je saisis au vol cette image d'une larme rouge coulant sur sa joue. Une peluche tomba au sol, dans la rame. Aux cris de celui qui la ramassa, la proie en fuite, sauvée sans le savoir, de l'Apprentissage, ne répondit rien. Les portes une fois refermées du wagon et lorsque je pût voir dans son entier l'extérieur, elle avait disparu du quai. Au fond de moi, cette faiblesse momentanée dans le tunnel, je le savais, aurait pût me perdre. Mais mon souvenir, comme eclipsé par la fuite de cette mère avec son fils était préservé. Préservé du Père. Mais aussi de moi. Car j'égrenais les stations et, vis que j'étais tout proche maintenant. La rame était bondée. Alors, je me préparais mentalement à exécuter ce pourquoi j'avais été Eduqué. Je plongeais dans cette torpeur invulnérable, cette sorte d'entracte mentale avant la mort, cette antichambre de la fin de l'être vivant qui préparait la naissance de l'Eclairé. Les yeux fermés, mon visage devait irradié. Je souriais.




Hugo laissa passé une jeune mère avec son enfant. D'une main, il l'aida à monter la poussette dans le wagon. Elle lui sourit en retour. « Merci. » Il lui renvoya son sourire et s'assit sur une banquette à côté d'un type habillé d'un imper bleu marine. Il grimaça, gêné. Ce type renvoyait une désagréable odeur. Celle d'une chose laissée trop longtemps à l'abandon. Une de ces odeur que l'on ne retrouve que sur des objets laissés pendant des années dans un vieux grenier. Mais ce n'était pas une odeur pour un être humain... Hugo le regardait au travers de la vitre en face d'eux. Il ouvrit rapidement le journal. Pages sport. Mais la chaleur de la rame l'anéantissait littéralement. Il en avait vraiment marre de ce boulot qui le fatiguait. Une fois dans les transports en commun, il payait l'addition de ce stress, de ces ennuis. Quel merde la paperasse! Il referma son journal brutalement, arrachant plusieurs pages. Il s'étonna de voir le type assis à côté de lui conserver son manteau avec cette chaleur. Il lui fit l'effet d'un fou, un de ces mecs un peu perdus dans leur monde. Et surtout, Hugo était intrigué par la façon dont il tenait un sac entre ses jambes. Ses deux poings serrés étaient devenus rouges à force de maintenir cette pression. Vraiment spécial celui-là! Et puis il avait cette façon de sourire très particulière. Il laissait apparaître ses canines qui ressortaient légèrement de l'alignement de ses dents. Interrompu dans son observation vaguement inquiête du type, Hugo sentit la secousse des freins du métro qui patinaient sur les rails. « Oh non...pas ça....c'est vraiment une journée de merde! » pensa-t-il. « Et plus de lumière en plus. » Hugo regarda autour de lui. Un homme en costume se mit à crier contre la voix du conducteur sortie des hauts-parleurs. A droite, un bébé se mit à pleurer. « Ah, le petit de toute à l'heure. » Hugo fixa la jeune fille qui essayait de le calmer. Elle était mignonne, la peau noire, les cheveux tombant sur ses épaules. Vraiment mignonne... Soudain, Hugo se sentit gêné par le type d'à côté. Non pas qu'il eût fait quoi que ce soit. Mais Hugo avait perçu un infime changement dans son attitude. Il avait réouvert les yeux. Bien que l'obscurité fut importante, Hugo, d'un coup d'oeil crût voir passer dans les yeux de cet homme, un éclat de folie. La main glissé dans son sac, il semblait pris d'un tremblement discret mais incontrôlable. Confus, Hugo fixa son attention sur la jeune femme. Il se sentait mal à l'aise. Il s'épongea le front. La lumière revient dans un bruit sourd de batterie de nouveau en état de fonctionner. Le métro s'était remis à rouler. La voix venue du poste de commande s'excusa. Hugo pensa: « Je m'en fous de vos excuses. Mais il faut que je sorte. » Il leva les yeux sur la ligne du métro. Encore trois-quatre stations. Il descendait à Saint-Lazare mais il avait encore quelques minutes de trajet avant d'être chez lui. Il soupira et fut surpris par la fermeture des portes. La jeune femme et son enfant avait disparu. « Merde! Je l'ai loupé. » Il réouvrit son journal une fois la station suivante passée. « Juste le temps de lire mon horoscope avant de descendre. » pensa-t-il. Et puis, une nouvelle fois, insidieusement, il sentit que quelque chose n'allait pas. Le train allait trop lentement. Il prenait tous les soirs cette ligne et même si il se savait retardé par cet arrêt dans le tunnel, il percevait un changement de vitesse dans la course des wagons. Et cette chaleur l'accablait sans cesse davantage! La rame était bondée. « Heure de pointe oblige. » Et ce type à côté de lui gardait la main dans son sac. Il ne bougeait pas. Il avait simplement repris ce sourire surprenant. Presque carnassier.

Sur la quai suivant, Hugo crût voir monté des policiers dans la rame qui les suivait. Les portes se refermèrent. Il tendit la tête pour apercevoir ce qui se passait de l'autre côté. Visiblement, les flics cherchaient quelque chose ou quelqu'un. Soudain, le visage lointain de l'un d'eux apparut par le hublot rectangulaire. Il pointait du doigt dans la direction de Hugo. Le flic porta son talkie-walkie à ses lèvres et cria un ordre. La rame ralentissait à nouveau. « Saint-Lazare. Saint-Lazare » indiqua à deux reprises la voix féminine. Hugo se leva et se dirigea vers les portes, les yeux toujours tournés vers l'autre wagon. « La lumière. » Il baissa les yeux. L'homme en imper était resté assis. Il regardait droit devant lui. L'une de ses mains était toujours agrippée au sac tandis que l'autre semblait figée l'intérieur. « Pardon? Excusez-moi je...je n'ai pas compris Monsieur... » dit Hugo. Alors, comme les policiers sortaient précipitamment de l'autre rame et s'engouffraient, arme au poing dans celle-ci, l'homme leva les yeux vers Hugo, découvrit encore plus ses dents supérieurs et murmura dans un souffle en direction de Hugo: « Voici la lumière. »

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jowa59
Posted: 2008/7/26 9:40  Updated: 2008/7/26 9:40
Joined: 2008/7/24
From:
Posts: 187
 Re: Lumière
excellent! L'écriture est maîtrisée, le style est bref, concis. dès le début on sait ce qui va se passer, mais ce qui compte c'est la manipulation mentale qui a amené cet homme à accomplir ce geste.Bravo!
Adella
Posted: 2008/8/29 10:14  Updated: 2008/8/29 10:14
Modérateur
Joined: 2008/8/5
From:
Posts: 856
 Re: Lumière
On ne peut que craindre cet apprentissage... Son sac est lourd d'aveuglement. De désespérance. Cette lumière n'est pas celle que l'on souhaite au monde.

Je n'ai pas osé croire ce qui était dit là. Et pourtant, tu nous y mènes en tant qu'auteur. L'absurdité, la barbarie. A l'état pur.




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