Misère
À ce très cher LeGrand,
La voilà ! Amère comme une lente pluie.
Oh, si ! Et ces gouttes qui tombent, successives,
Sont des soupirs qui soufflent une douleur plaintive
À toujours espérer prétendre à ce qui luit.
La voilà ! Obscure comme un milieu de nuit.
Oh, si ! Et l’affliction envoie son offensive,
Déchirant de ses crocs nos ailes si chétives,
Quand on n’a pas l’argent pour ce vœu cher qui fuit.
Misère ! C’est bien l’affreux fléau de l’Occident
Que de n’avoir assez de plaisirs abondants
Et d’à chaque soir voir un mur nu et sans toile ;
Tandis que tant d’autres, avec des yeux de faim,
Contemplent et puis supplient la voûte des étoiles
De pouvoir abréger leurs douleurs par la fin.