
C’est un soir de pleine lune, dans la forêt équatorial de l’Ituni, qu’une chose étrange se passa. Comment ça, c’est où l’Ituni ? Mais au Congo bien sûr, qui se trouve sur le continent… sur le continent ? Africain, bravo ! Tu as deviné !
La forêt d’Ituni est immense, elle fait 63000 kilomètres carré, elle est aussi un peu montagneuse, jusqu’à 1000 mètres. Et c’est là que tout se passe, au sommet de la montagne.
Surtout, je compte sur toi pour garder cette histoire secrète, car l’Ituni est difficilement accessible et la montage presque impossible à parcourir. Ce qui rend leur secret, vraiment secret !
Je ne sais pas si tu le sais, mais la plupart des congolais parlent français, sauf quelques ethnies isolées comme les pigmés qui communiquent en langues bantoues. Ce sont des langues régionales un peu comme chez nous, mais là-bas, il y en a près de cinq cent !
Pour en revenir à nos petits pigmés, oui je dis petits parce qu’ils ne sont pas plus grands que toi .Si, si je te jure ! C’est la vérité.
Donc, je disais, c’est un soir de pleine lune, dans la forêt équatoriale d’Ituni que Malaïka trouva un drôle de petit caillou au coucher du soleil.
Malaïka pleurait souvent son chagrin au bord du lac Moero en priant sous la splendeur de ces nuits d’été. C’est ici à cet endroit qu’elle avait un jour rencontré Zayi. Les étoiles brillaient de mille feux et elle tomba sous le charme de ce petit homme si courageux. En effet, ce soir-là, un tigre affamé guettait la malheureuse perdue dans ses pensées.
Heureusement, n’écoutant que son courage, Zayi le transperça de sa lance. Depuis cet instant, ils ne se quittèrent plus.
Malgré tout leur amour, Malaïka la belle et grande congolaise et Zayi, son petit pigmé de mari vivaient un grand malheur. Ils n’arrivaient pas à avoir d’enfants.
Tout le monde bien sûr, se moquaient d’eux et disaient qu’il serait contre nature que ces deux-là, si différents, puissent fonder une famille.
Mais un soir de pleine lune, leur vie changea. Dans les mains mouillées de larmes de Malaïka, le curieux petit caillou se mit à étinceler et une voix s’éleva dans le ciel.
Une voix douce qui demanda à Malaïka ce qui la rendait si malheureuse. Bouleversée par son histoire, la voix résonna dans toute la forêt pour dire à qui voulait l’entendre que rien n’empêcherait les gens qui s’aiment d’être heureux.
Petits ou grands, noirs ou blancs, les différences n’empêcheront jamais deux cœurs de battre à l’unisson.
Comme par magie, chaque soir de pleine lune d’été, Malaïka et Zayi connurent le bonheur de bercer un enfant à l’endroit même de leur rencontre.
En hommage à leur petit caillou magique, leur premier né s’appela Miezi qui signifie « lumière d’étoile ».
Puis naquit N’semi qui « fait jaillir la lumière » et le petit Sema qui « illumine » la vie de ses heureux parents.
SandrineB