Septembre engloutissait l’août.
Aux paradoxes d’oxymores,
Je sentais, dans l’air lourd et fou,
Novembre avant l’aube des morts.
Je picotais l’idée des tombes,
Les pieds dans les violettes;
Où les arbres, comme des bombes,
Me larguaient leurs feuilles muettes.
Saisons, ô vous traîtresses,
Saisissez notre temps,
Annulez nos prouesses,
Condamnez nos enfants.
« Déjà, me disais-je, mais c’est tant impossible! »,
Ma larme voulant chasser ces temps de fusain;
Or le sort des cieux demeurait impassible,
Les nues toujours sombres de leurs vicieux desseins.
L’hirondelle pleurait son charme printanier
Où les faisceaux solaires valsent rutilants;
Déjà le vent d’hiver dévoilait panier :
Rues enneigées, glacées, et givre étincelant.
L’hiver ne sait tarder;
Je le sens, je le vis,
Pour mieux chambarder
Le calme de nos vies.
Le chemin interminable
Où je flânais, routinier,
Chantait sa cruelle fable
Aux joies de l’été dernier.
Septembre engloutissait l’août.
Aux paradoxes d’oxymores,
Je sentais, dans l’air lourd et fou,
Novembre avant l’aube des morts.