Une vie bipolaire nous enlève l'envie,
Rend le coeur exalté aux marches de l'oubli.
Vivre, agir, foncer, par la force poussé
Ou songer, ralentir, aussi s'appesantir.
D'aucuns laissent les joies faire fuir les joies,
Certains restent en arrêt ou encore en effroi.
Remplacer quelques uns par d'autres se peut faire,
Tant que compte le soi au centre de son aire.
Vivre, avancer, au mieux pour oublier
Que le tertre ou le feu seront l'ultime degré.
Cette justice-là à tous sera rendue ;
Amis rions, buvons, fuyons les heures de glue.
Car le Gai et le Triste ensemble disparaîtront
Aux memoires des vivants, eux aussi tous passant,
Citoyens du Provisoire, funambules dansants,
Prisonniers de l'égo ou autres histrions.