Terroriste du verbe
Terroriste du verbe,
Je fais des carnages en chaque mot
Qu’on me provoque par différent mots
Je m'éclate à distiller et réécrire ces maux
.
Après mon passage
Les membres de la langue française sont en pleurs
La moindre évocation de mon nom
Provoque les plus vives frayeurs.
Je sème la terreur
Mes fautes faucilles décortiquent accords et genres
Ne me remercier pas: chez moi la discrimination elle n'hésite pas.
Pas besoin de m'balancer des dicos aux œillades assassines
Faire des fautes c'est tout de même pas un crime!
Vous n'savez pas s'que j'endure les amis
Traquer à chaque coup de crayons
À son comble est la tension!
J’ai enterré le vieux Becherel
Trop de contraintes et de garde à vous fonctionnel
Qui à dit que dans ces vieux manuelles
S’y trouvaient l'écriture suprême!!
Jai jamais voulu provoquer quiconque
Et si c’est aujourd’hui que je me pose
Sur les ruines de ce tableau de prose
C’est pour narrer les péripéties d'un terroriste du verbe
D’un colis piégé, perdu sur trop d'innombrable feuille de papier
Marquer à tout jamais par la pervertisation d'un système acerbe.
Ainsi, sont léguées ces quelques lignes
En tentant d'offrir asile
À ces pauvres lettres prises pour cible,
Point soldat en quête mais juste innocents civile.
Alors plus de clémence et que cesse ce génocide !