Soldat inconnu
Du fond de mon trou
La haine des fous
Font mes plaies
Que je traine dans la boue.
Mes souvenirs de guerre
Je vais les écrire
Même si j’en suis peu fière
Ils mont fait mourir
Alors à quoi bon me taire du fond de ma terre !
Ils remontent à une crainte
Lorsqu’en un éclair
On m’embarqua dans un train
Sans avoir pu au préalable
Trouver le regard de ma mère :
De la surement vient mon plus grand chagrin.
J’étais parmi mes frères, perdu
Dans un minuscule wagon
Un tas téméraire tenu
Qu’une lueur émanant du charbon
Saluait ce devoir dû à la Nation.
A notre descente, la nuit nous accueillit
Entrainé de sa cours d’étoiles
Et d’un temps frais : aujourd’hui encore j’en frémis
De ce spectacle de spleen sur toile
Qui me laissa tout étourdit.
S’était si beau, si impressionnant
Tout était immense et me rabaissait
Au stade de l’enfance !
J’aurai pu crier
Car de cette nuit je naquis
Elle me fit homme,
Petit soldat sans raison
Que la peur promenait à tâtons
A son gré, sous les sifflements d’obus traitre.
Qu’ajouter de plus
Si ce n’est qu’un jour je fus
Un pion d’horreur et d’erreurs
A qui la vie aura imposé son échec et mat.
Que la folie d’un temps, n’inspire pas celles à venirEt que ces inconnus trouvent enfin le chemin de la sérénité!