L’Une était là. Posée sur ce banc glacé,
Près de la fontaine, dans ce jardin public.
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L’Autre passait à grandes enjambées,
Dans ce matin à tous les matins identique.
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L’Une, les fesses nues dans son vieux Jean’S effiloché,
Cheveux ébouriffés, se réveillait…
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L’Autre,sous-vêtements griffés , assortis au chemisier,
Dans son tailleur coupé, du cul tanguait…
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L’Une, les pensées tournées vers cet Ailleurs, savourait
Ces quelques instants de liberté volés
A sa morne existence…
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L’Autre, les idées fixées sur ses dossiers, boursicotait,
Le cœur ratatiné , asséché de succès
Et d’exigences…
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L’Une rêvait, méditait,
Se voulait DEVENIR.
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L’Autre gagnait, stressait,
Se voulait AVENIR.
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Et dans ce petit matin, l’Une de l’Autre se sont révélées.
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L’Autre et l’Une se sont embrasées, ont fusionné….
Quelques cendres sur ce banc glacé.
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Au Monde s’est présentée, abandonnée, donnée,
L’Une, l’Autre, Elle : une seule identité
L’Enfant a germé, une Mère est née.