je côtoie le toit de votre ciel
quand l'écriture parle de ma belle
mes mots sourient sur la ligne
sortant un vin noir de ma vigne
je deviens un jongleur indigne
je joue avec des pauvres mots morts
des morts sots, des morts sures
je suis slameur, le poète de dehors
jouant avec les sons le dos au mur
je compose alors dans ma langue des vers
je parle chébran, en slam c'est l'envers
des vers sots, mais aussi des vers semant
rebondissant comme un ballon, cela deviens vers balle
la verdeur verrat le vers sang versifié par ma version
je ne suis pas poète le dos contre le mur salissant
je narre votre dictionnaire, ma plume se sont mes amygdales
je suis slameur je joue avec les mots à la perfection
car slam va ou même j'avouerais que slam plait
je côtoie le ciel et aussi votre toit
quand l'écriture parle ainsi de toi
mes lignes sont l'écho d'un son
s'engouffrant dans vos marteaux
pour laisser place à l'imagination
le long d'un boulevard ou d'un ruisseau
je parle d'amour ou de ma vie aux oiseaux
ou alors à vous, si vous le voulez bien
là, comme un être devenant un peu humain
vous me percevez comme un clown joyeux
selon la couleur et la diversité de mon texte
certains passants écoutent et aussi reste
et d'autres me regardent comme un illuminé
mais je suis slameur, les mots deviennent animés
car vos boulevards et vos terminus sont mon papier
je regarde vos sourires, mais aussi vos faiblesses
j'emmagasine cela dans ma tête pour mieux le relater
quand je vois tendres vos lèvres avec souplesse
je sens en moi mon ego doucement me donner son estimation
je suis slameur je joue avec les mots à la perfection
car slam va ou même j'avouerais que slam plait
votre paysage devient mon tableau noir
mes mots sont la craie de certains espoirs
j'essaye de mettre de la couleur dans les cités
mais je vous offre la pâleur des êtres oubliés
je narre la réalité et la réalité parfois de marre
je ne suis pas poète, mais bien slameur de vos cœurs
le dictionnaire devient l'hypermarché de mon bonheur
je vous parle sans vous connaître jusqu'à très tard
je côtoie la vie de certains qui crèvent la faim
pendant que dans des vers je t'offre un festin
je suis slameur et parfois mes rimes pleurent
mais j'avoue, je m'amuse aussi tel un jongleur
je joue avec les vers, les vers rouillés
mes vers durs parlent aux fleurs souillées
il devient vers tueuse ou vers glacés
les mots ruent, sans oublier de les salés
je suis un slameur c'est mon vrai bonheur
je prends de la hauteur sur les mots d'un cœur
car j'avoue slam va ou même slam plait
Éric