![]() |
![]() |
Rutrage a publié ce texte le 24/05/2008 à 22:34:42 |
A-
Mère
La
Mer
Qui gronde
Et sonde
Le monde
Immonde.
Son oeil bleu :
Douce voix;
Son œil pleut,
Chante en moi.
Musiques noires
Me sont ses voiles
Qui brillent au soir
Comme une étoile;
Bergère au cœur sombre
Des moutons te suivent
À travers ces ombres
Où les courroux vivent.
C’est l’encensoir de l’onde
Qui brûle et qui parfume
Secondes après secondes
Les matelots qui fument;
Égarés sur ce miroir
Qu’oublient les vallées de Soule
Comme les vals de la Loire,
Ils valsent au ballant des houles.
L'effluve du sel vagabonde,
S’accroche au fol attrait du vent
Et s’envole où les nues abondent
Et la colère crie souvent.
Le ciel déchire son anthracite,
Ce gris infernal étouffant l’air;
L’oiseau des mers s'écrie et s’excite :
« C’est le Zeus grondant et ses éclairs! »
Tous nos sens sont aussitôt basculés :
On vibre et chavire sous ce tonnerre;
On sent les crocs d’une vile nausée
À pleines dents mordre en nos cœurs ouverts.
La mer se lève en cruelle dictatrice
La fatale union d’orage et de destin;
Cette silice affamée, dévoratrice,
Fait de tout ce qu’elle fouette son festin.
L’immensité se perd au creux du maelström;
La tempête valse aux fils de Lucifer
Qui souffle et crache la misère aux hommes;
Le Styx est-il sorti du gouffre de l’Enfer?
C’est au périgée de cet affreux désordre
Que se révèlent les archanges invisibles;
En cette éternelle lutte, l’on voit se tordre
Démons et anges aux mutuelles cibles.
Tandis que le flot, fidèle témoin,
À son aise observe attentivement,
Le feu apaisé du vent souffle moins
Et du dôme s’estompent les tourments.
Les rayons sont timides et chétifs
Mais à l’accalmie luisent d’espoir;
La Sirène y voit ses grands motifs
Briller dans une fraîche gloire.
Cajolée de vents royaux
Fut cette épave colossale
Qui devient pourtant le joyau
Des silhouettes abyssales.
L’averse mutée en bruine,
C’est la fin du tirailleur!
Décombres, Vestiges et Ruines,
L’arc-en-ciel vous est railleur!
C’est ce souris de l’onde
Si calme et si posé
Faisant qu’on se demandé
Si tout est bien passé...
Mégère à vois rauque
Tes promesses fausses
Guident les joies glauques
Jusque dans les fosses!
Mais l’esprit saint
Sait, entraîné,
Que son essaim
N’est pas drainé :
« Une fin?
Ça, jamais!
À Baffin
Ou en Aix
Les gonds
Des ports
Verrons
La mort ! »
A-
Mère
La
Mer!
| Liste des textes les plus appréciés similaires au texte intitulé « Amère la mer... » | ||
![]() Kyuusenpai | L'amant de la mer | |
![]() corinne56 | La mer | |
![]() Baboo | La mer | |
chaconne | Un homme à la mer | |
![]() jackou | Le marin et la mer | |
breizh | La mer ne fera rien | |
![]() chaymae | Quand la mer se déchaîne | |
![]() Sally_Segh | Une bouteille à la mer | |
![]() kwiat | Le sel de la mer | |
![]() Nostalgie | Grand comme la terre...grand comme le ciel...¨grand comme la mer (conte de noël) | |
|
Afficher en premier: Les + récents Les + anciens Les + utiles Les - utiles Modifiés récemment |
|
Bon sang de bonsoir ! Je viens de perdre mon analyse détaillée, suite à une déconnexion quand j'allais la poster. Bien,je m'étais contentée de compter les pieds et de relever quelques irrégularités. J'y reviendrai si j'en ai le courage et le temps. En attendant je peux dire, rapidement, que j'ai apprécié la forme visuelle, presque en calligramme, évoquant le flux et le reflux des vagues avant même d'en lire le contenu. Elle s'associe ensuite directement à ce dernier: le calme avant la tempête, la tempête qui "monte", et le retour au calme. La symétrie est rigoureuse, quant au nombre de pieds, quatrain après quatrain, mais elle ne l'est pas quant à l'alternance des rimes pour le deuxième ( rimes que l'on dit plates, je crois, en tout cas monorime ) et l'avant dernier ( rimes croisées ), je trouve que c'est dommage. Mais quel exercice !! Chapeau bas, vraiment. ( Des vers au nombre de pieds impairs, par exemple, je n'essaie même pas ! ) Encore bravo, pour l'idée et pour sa réalisation. [Commentaire modifié par AllantVers le 02/05/2009 à 18:47:40] |