La noyée
« Sur les bords du fleuve auteur de sa disgrâce »
Elle est là, assise, vivante,
Plisse ses iris sous les rayons de soleil,
Contraste sur les feuillages,
Les ombres et l’onde s’agitent quand elle plonge dans le courant,
Loin de concevoir les conséquences de son injection,
Le fluide « dans sa course l’emporte » à la dérive,
Dans les méandres elle crie, se débat nageant dans les rapides,
Entre tapin et crises de manque sous des réverbères éteints.
Un enfant marche sur la rive, lui tend la seringue qu’elle saisit,
Marquant sa mémoire d’un subtil sourire.
En immersion la nymphe s’asphyxie,
Prise dans les tourbillons, elle roule sur les rochers,
Lutte pour ne plus souffrir…
Son corps saccagé brasse un liquide verdâtre,
Cherchant la surface, une prise pour retrouver son souffle et vivre,
Qu’un être parmi les souvenirs des amours d’une vie vienne pour la libérer.
Au lieu de ça règne un silence torpide et personne ne vient,
Si ce n’est l’écume par sa bouche entre ouverte…
Pénétration liquide, œdème pulmonaire,
Les pires suffocations,
Le Styx la tient dans son étreinte,
Caresse son ventre, ses seins quand le brouillard descend,
Elle crache son dernier soupir.
Déesse désarticulée flotte et vie par ces mots
Et toujours à travers tes yeux,
L’onde emporte un joli visage gonflé par les eaux…
Maxime Teliam