Les moissons du cœur
Des souvenirs blanchis au cœur de nos tenues
Cette voix comme un râle qui pousse sa rengaine
La certitude d’avoir pu enrichir la chaîne
L’austérité régnant sous la lumière ténue
L’affligeante redondance de nos serments prêtés
Les métaux que l’on porte jusqu’au mont de piété
Et l’entrave du temps qui nous fait un cortège
D’insupportables heures, jusqu’au bout de minuit.
Qu’advint il de l’enfant que les astres ont fui ?
Que reste t il de nos amours, du sortilège
Ravissement du premier jour, premier élan ?
Ces instants décisifs où nous prîmes l’engagement
De chercher, de construire, au delà du serment
Le Temple de nos rêves d’humanité heureuse ?
La foi paradoxale que la lumière creuse
Au sein d’une assemblée que le profane divise ?
C’est au cœur de la nuit que se construit le monde
Sous la voûte céleste se dénouent toutes les crises
Le temps infatigable, peut retenir son cours
Si notre cœur est pur, et que l’amour abonde
Il devient notre allié, notre force, le recours ;
Y aurait il alors une raison d’espérer ?
Existe t il ce havre que mon âme cherche en vain ?
Notre quête profane vaut elle le Divin ?
Et pouvons nous aussi briller sans nous terrer ?
Une étincelle, un murmure au creux de l’oreille
Et puis notre présence en des temples d’éveil
Nous suggère la réponse, mais il nous faut chercher
Bien au delà des mots, lucides, sans tricher
L’esprit derrière l’appel qui nous guident en ces lieux
Si l’on s’en donne la peine, si l’on fait de son mieux,
L’étincelle deviendra la lumière des cieux
Consumant nos querelles à ces vents capricieux
Qui soufflent sur la lande de nos futurs radieux .
Verslents