L'erreur est humaine, mais celle là était franchement grave; tu le savais, tu l'as su, mais maintenant t'y crois plus, et il va bien falloir que je t'ouvre les yeux; bienvenue dans mon église, je suis prêtre et dieu. Et Dieu qu'je prête attention au moindre de tes soucis, du moins, j'le ferais, si t'étais pas partie. La tâche la plus tenace n'est pas éliminée, tes lavages ne m'ont ni rétréci, ni délavé, je m'incruste, je persiste, je signe, de la pointe de l'épée, mon nom d'un A qui veut dire acharné.
Malgré les coups, je me relève et je cours encore, et je fonce encore, dans des murs qui ne cèdent pas, d'accord, je laisse tomber, mais je ramasse aussitôt. C'est dur et c'est bon, amour maso. Pléonasme si tu veux, plais aux masses tu le peux, fais moi voir du rouge et du noir, balaie mes espoirs, il fait froid, et il fait tard. Des paysages anecdotiques, à perte de vue, aux reliefs chaotiques, mon coeur en kevlar. Je ne crains ni les balles, ni le noir. Mais c'est pas une raison, même si j'connais ton histoire, tu le sais, tu l'as su, mais maintenant t'en veux plus; ou t'en peux plus.
Des pluies torrentielles et des ciels trop grands. Et j'y perdrai le miel de nos joies oubliées, en criant. Mais demain est un autre jour, et c'est un jour important. Des craintes matinales aux vérités éthyliques. Aux vérités à cacher. Redoutée, et désirée, et si ma plume s'est embourbée, c'est de trembler. Des sommets et des abîmes, deshabille ma dignité. Jamais rien de plus qu'un peu d'orgueil, en tenue de soirée. Je l'ai plaqué, pour toi qui m'as plaqué.
Qu'importe le temps et qu'importe l'heure. On le repetera pas; répare ton erreur, même si c'est pas vraiment la tienne. Et de Vienne à Sienne, que se perde ta peine. Que l'on comprenne que j'aime, et que l'on aime en retour. Et que toutes tes morts nourrissent tous mes vautours.
Le jour et l'ennui, des détours infinis. Des soirs où tu manques beaucoup trop, d'autres où tu manques beaucoup plus. Des verres et des verres de trop déversent des flots d'alcools russes. Les rêves occasionnés, des occasions rêvées, reveil embrumé... Mais pour un peu, on y verrait que du feu, la réalité... La réalité, amère ou tendre, et j'y perds ces vers; des inspirés, des espérés, crachés, à ton visage, dans tes yeux déja mouillés, c'est toi ou c'est rien, mais rien, c'est pas assez...
Trop d'ombres à éclairer, mon ampoule grillée, alors c'est pas grave, j'avancerai à tâtons; frôlant les bosses et suivant les sillons. Ma langue, glissant, pour couvrir tes cicatrices, et sucer à tes seins le venin. Puis mourir sur ton ventre, où j'aurais voulu mettre là vie, mourir, là, entre tes reins. Mes territoires reconquis, dans un an, ou dans dix. Peut-être jamais. Ou bien demain.
Demain, entre deux mains, que j'ai tant aimé tenir, et tenté de retenir, mais tu glisses... Et tu sais c'est dur parfois, de te voir nier l'évidence, et dans ton ombre je compte mes chances, sombre éloquence, quand c'est le silence que je te montre.
Perclus de crampes, perdu je tremble, de ne plus t'émouvoir; un tel pouvoir que j'ai senti, et maintenant rien. Un poids le soir, et un vide le matin; et voir ta place inoccupée, se remplir de regrets, jamais rassasiée... Et aujourd'hui, tu m'enlèves la vie, et vides mon ventre qui crie femme inhumaine, comment oses-tu? Comment hausses-tu soudain le ton, des inepties bien confortables à tous ces trucs sérieux à la con? Je l'ai peut-être voulu, je l'ai peut-être cherché. Peut-être pas peut-être, je l'ai provoqué. Tu reflechis et j'ai la migraine, les tortures sont bonnes, mais les tortures sont vaines, et tu manques, putain tu manques... Tu le sais, je l'ai vu, mais maintenant j'en peux plus.
Toutes tes conneries sur le respect, et ta maturité de merde, quand je t'offre mes os à briser. Oublie les sérieux, oublie les éphémères, les momentanés et les vies entières, oublie ça. Je veux pas l'bonheur, je veux juste toi. Te mériter, de chair et d'esprit. Connaître les sphères les plus hautes, pour y assouvir nos instincts les plus bas. Réinventer l'interdit à en faire rougir tes draps. Invité intimidé de ton intimité, jusqu'à te vendre mon âme. Justifier ces choix forcés pour lesquels on me blâme. Cet espoir borné, que je puise dans ton prénom, ou tes paroles. Sinon, quelques hypothèses un peu plus folles.
Un viol, à ton joli tableau; pour noircir ton noir. Car la cour a eu raison de mes genoux, et la patience semble avoir tort. Ou bien la mort. Le plus chaud des manteaux, et tu l'as usé. Alors peut-être un dernier froid à affronter. Pour boucler la boucle, et refaire le noeud sur ton cou où mes lèvres ne se perdent plus. Car elle te borde chaque soir, et trouble ta vue. Elle attend comme j'attends, et espère aussi. Elle partage mes raisons et partage mes envies. Une autre fin, pourtant j'y aurais cru. Je l'aurais voulu et je me serais battu, tant que mes jambes l'auraient permis, avant que la fatigue ne les écrase, ou que tu ne les coupes d'un seul sourire. Souvent la trêve, jamais la reddition. Bien malgré toi, une guerre de religion.
Car il est un ange aux ailes si lourdes et si sales, que le Ciel lui est fermé. Car il est un fou, un amour et une crainte.
Et une foi inébranlable en la plus sombre des saintes.