De toute éternité
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François-jean Lefebvre Chevalier de la Barre chahutait l’ordre royal de Louis le quinzième, vivait dans la nuit avec ses amis et troublait l’ordre bourgeois. On disait de lui qu’il connaissait toutes les tavernes de la ville. Plus d’une fois ivre, il ne s’occupait guère de ce que l’on pouvait penser de lui. Il se moquait également des processions et des billevesées imaginées au cours des temps par tous les ensoutanés du monde. Et il mêlait ainsi les mages, les lamas, les capucins, les pontifes, les imams, les rabbins, les brahmanes, les popes, les pasteurs, les aruspices et autres papes sermonnaires répertoriés au grand livre des dogmatiques, ces prétentieux qui savent tout.
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C’est ainsi qu’habité par doute et secoué par son rire, François-jean va passer de taquin à libertin, puis de suspect à coupable.
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Pour avoir refusé d’enlever son chapeau devant le saint sacrement, il sera remis au bourreau à la suite d’une parodie de justice aussi indigne que méprisable, sans avocat ni jurés. Mais après la torture, quand sa tète brule dans le bucher de Samson avec le dictionnaire philosophique de Voltaire, elle est celle d’un adolescent qui dit « non ».
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Au chevalier de la Barre, supplicié à l’âge de 19 ans, le 1er juillet 1766 pour n’avoir pas salué une procession.