Les nuits sont solitaires et sur les quais se meurent,
Les murmures des vagues qui se brisent au béton,
La ville s'est parée depuis des heures de ses lumières,
Et je traîne dans ces ruelles sombres d’une citée barbares,
Et ma lame ensanglantée me rappelle ma force,
Quand j'affronte dans l'ombre les enragés et les fous,
Quand mon coeur de pierre se heurte avec violence,
Aux métal argenté de ces berlines allemandes,
Aux fer de ces casques aux pointes outrageantes,
Et mon arme qui claque pour cracher sa foudre de plomb,
Sur ces pourritures humaines qui polluent mon royaume,
De ces créatures sans nom qui se hurlent victime,
D'un claquement de doigt je répands sur l'asphalte,
Les entrailles et le sang qui doucement se répandent,
Comme une purification céleste de nos citées latines...
Et me revoilà dans l'ombre un boîtier à ma pogne,
Contemplation d'une fange qui ignore,
Qu'elle n'est déjà plus que le reflet de rien,
Et l'éclat de mes bombes, et l'odeur de ma poudre,
Sont à mes narines un parfum délicat...
Et ces corps qui désormais gisent sur les places,
Et cette guerre que je mène au nom de la justice,
Je la continuerai dans l'ombre des coupoles,
A la chaleur des déserts, à la froideur des nuits d'hiver;
Je me ferai ombre funeste, je me ferais chacal,
Me ferai minoritaire, ou victime, je serais votre ami,
Et dans les nuits les plus froides, dans les jours les plus chauds,
Je me ferai prêcheur de violence, apôtre de la mort,
Je suis simplement la pour assombrir les cieux,
De mes mots, de mes armes, de mes prétextes...
Ô toi qui te dresses n'entends tu point mon maître?
Qui hurle a la folie le nom de son prophète?
Qui donc crois tu devoir un jour combattre?
Je suis au delà, le nom d'apocalypse, et mon coeur est noir,
Je suis comme mes frères répandu sur la terre,
Pour asservir les faibles, tuer et mutiler...
Et si tu ne veux croire en ce maître maudit,
Si en guerrier des justes tu te dresses fièrement,
Alors tu périras sous les pierres ou les lames,
Sous les bombes fatales avec les innocents,
Je ne suis pas humain, je ne suis pas honneur,
Par derrière je frappe mes amis de toujours,
Demain je serais mort, remplacé par mille autres...
Je ne suis que la mort venue vous rencontrer...
LSDL LeSabreDeLange
(Texte tiré des improvisations smaillienne du même auteur.)