Comme un rêve, dans les méandres de ton corps,
Je navigue à vue sur la douceur de ta peau,
Entraîné par le courant de l'Amour si fort,
Je me laisse porter aux vagues de tes mots.
Ton souffle saccadé comme en pleine tempête
Me pousse au bout de l'horizon de mes plaisirs,
Me fait chavirer au plus profond de mon être
Et couler dans les abîmes de mes désirs.
Je file sous le vent tout pavillon tendu,
Voguant dans la nuit noire toutes voiles dehors,
Comme un fier galion de pays lointains venu,
Recherchant tes beaux yeux et leurs paillettes d'or.
Dans le paysage de l'aube fauve et claire,
Emergeant du néant quand la nuit s'évapore,
Telle la vigie au bout du mât criant : Terre,
Je pars à l'abordage de ton île au trésor.
Gérard Bollon