Espérance ou déclin
Quel avenir pour l’homme en ces temps indécis,
Lorsque le lendemain dessert les pires craintes,
Déversant par légions, dans les cœurs, les esprits,
Le doute meurtrier des illusions défuntes ?
Quel est donc cet espoir qu’on peut encor nourrir
Au regard de ce monde empêtré dans la guerre,
Au regard d’une vie enlisée, à guérir,
Qui se fane bien vite et se meurt éphémère ?
Un bien sombre présent que celui où le corps
Est réduit au néant ; celui d’un tas de viande
Qu’on acquiert, que l’on vend et qui baise et qui dort
Sous les yeux pervertis de l’argent qu’on marchande.
Et la voix du seigneur qui devait nous guider
La voilà détournée au profit du mensonge
Se faisant défenseur, de par ses plaidoyers
Des pires intérêts, sans tarir de louange.
Et s’il n’est d’espérance, ou semblant d’avenir
Alors que le déclin incessamment s’approche
Faut-il baisser les bras, faut-il donc en finir
De ce monde où l’humain, à plus rien ne s’accroche ?
Gorgonzola ©