Ô mon Dieu !
La religiosité nous plonge dans la tourmente
Le monde devient fou et le mythe destructeur
Se répand tel un lierre meurtrier; fomenteurs
D'une puissance divine, d'un dogme qu'ils alimentent
Au gré de nos malheurs, ces démons sont partout
Et j'ai soudain très peur des innombrables fous;
Par delà l’océan, un débile notoire
Se prend pour un Néron ; juché sur le perron
De sa blanche demeure, il trace un noir sillon
Pour figurer aussi dans un livre d’Histoire ;
Au nom de sa folie que d’aucuns nomment Dieu
Il chasse l’infidèle tel un croisé surgi
Du tréfonds cauchemardesque d’une très longue nuit ;
Eructant ses sentences d’analphabète pieux
Il plonge dans l’effroi les sages et les gueux
Il chasse des cités par son fol dogmatisme
Dame démocratie au nom du terrorisme ;
Mais comment un grand peuple, comment cette Amérique
Peut elle tolérer un si grave orateur
Une telle marionnette, un si pâle penseur ?
La main droite sur le cœur et un fusil dans l’autre
Il prône la prière et la vengeance divine
Et malgré la critique son délire s’enracine
Et rencontre en écho de très nombreux apôtres.
Les forcenés de Dieu prolifèrent sur terre
Ils s’insinuent partout traquant les plus fragiles
Au cœur de nos cités ; leur discours est habile
Ils promettent un Eden contre une juste guerre.
Comment ouvrir les yeux de ces laissés pour compte ?
Et comment leur montrer une plus juste voie ?
Tout commence selon moi par un vote et un choix
L’affirmation de soi, le refus de la honte
S’exprime tout d’abord au cœur de l’isoloir
Pour faire changer le monde et faire renaître l’espoir