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verslents a publié ce texte le 09/05/2008 à 00:39:40 |
Au détour du chemin, comme plantée au sommet d’une dune,
Au milieu d’un bosquet, ivoire jaillissant d’un socle émeraude,
Elle apparaît soudain au promeneur ravi ;
C’est une très vieille bâtisse ; tout en bois, défraîchie, vermoulue,
Et cependant resplendissante ; mémoire du temps jadis,
Et gardienne des lieux.
Tout semble à l’abandon alentour ; jardin envahit d’herbes
Et de plantes sauvages, véranda effondrée, toit crevé, vitres brisées, …
Le temps a fait son œuvre ; il a signé son forfait avec outrance
Tout n’est plus que désolation, mémoire déchiquetée, absence…
Pourtant la vie a du couler, paisible, en ces lieux.
On devine, sur la gauche, à quelques mètres d’une volée de quatre marches en pierre, une vieille balançoire dont il ne reste que trois montants métalliques, rongés par la rouille .
Comme il serait doux de remonter le temps, comme il serait tendre
De surprendre des rires d’enfants, ici, en ces lieux, presque au bout du monde, au milieu de nulle part ;
Comme il serait apaisant d’apprivoiser le temps, et de ranimer, même un instant, éphémère, un court instant de bonheur, la vie en ces lieux ;
J’aurais alors 7 ans ; courant après mon frère et ma sœur, riant, hurlant,
Sourd aux appels au calme lancés par ma mère par la fenêtre de ma chambre
A l’étage, juste au dessus de la véranda ;
Que reste t il de tout cela ?
Quand la mémoire est infidèle et que l’on ose le grand voyage
Le largage des amarres de l’âge mûr, de la vie établie,
De la conscience tranquille,
Il y a des surprises,
Et il y a regrets ;
Surpris par des lambeaux de souvenirs, fugaces, fragiles,
Eclairs du temps jadis,
Etonnement devant l’apparente déchéance des lieux,
Devant les débris d’une jeunesse enfouie, perdue, chassée de la mémoire
Comme un obscène cauchemar ;
Regret de n’avoir pas suffisamment appris ; de n’avoir pu retenir l’essentiel
L’initiation à la vie,
Regret d’avoir bâclé le commencement, l’éveil ;
Une brise s’est levée doucement ; les tiges des herbes et des fleurs ploient sous les assauts du souffle de ma mémoire ;
Mes pieds crissent sur le verre répandu de quelque vitre brisée, et je frissonne soudain, privé de mon jardin, abandonné sur la rive d’un passé presque ignoré, douloureux…
Alors, brusquement je me retourne, et je cours.
Dévalant mon absente colline, presque résigné devant l’infirmité de ma mémoire ;
Le souffle court .
Je fuis ce lieux qui m’assène mon passé, qui ampute mon cœur et ma raison ;
Je cours sans me retourner, haletant, les yeux brillants, où les larmes à peine contenues, attendent pour jaillir que ma course éperdue cesse ;
J’atteins le sous bois et m’effondre sur le sol boueux. Alors les larmes coulent, elles roulent au rythme de la bruyante plainte qui jailli de mes lèvres ; je me retourne, hissé sur les coudes, jambes écartées, secoué des spasmes de ma déchirure, et contemple l’antique demeure qui rougeoie au soleil couchant ; Elle est rubis ;
Ah je voudrais forger la grande chaîne du temps, et l’arrimer à ma mémoire,
Insignifiant maillon,
Je voudrais y accrocher aussi mes rêves exhaussés,
Mes filles,
Et puis,
Depuis bientôt 20 ans,
Mon épouse,
Ma complice,
Avec laquelle je façonne la belle, l’unique histoire de ma vie .
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@Anononyme 09/05/2008 à 10:21:15
Bonjour Verlants, Un beau souvenir d'enfance mais qui manque un peu de poésie dans sa narration. Amitiés Gérard --------------------------------------------------------- Le temps aboie, ma vie passe. (G.B.)
Autre blog : http://www.gerardbollonmaso.unblog.fr |
| Anonyme | |
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Tout à fait d'accord pour le symbolisme qu'induisent les chiffres, les nombres , mais qu'ils doivent être écrits en toutes lettres en poésie (au lieu de chiffre arabe) ne modifie en rien leur symbolisme, ce qui compte est qu'ils soient exprimées. [A propos du symbolisme des nombres, tu peux retrouver des explications dans deux de mes blogs (cf. mon profile sur le site), j'ai réalisé quelques articles dimensionnels.] Amicalement esotcelt --------------------------------------------------------- Toute réponse est miroir de l'âme,
Soleil, reflet créateur de lumière. Toute question tient sa réponse flamme, Source et générateur,masculin féminin. Être à l'ombre chérie |
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frederis note ce texte: 10/10 Trés trés beau texte. Vous avez su capter la douleur et cependant la nostalgie de ces lieux de mémoire qui symbolisent l'âge merveilleux de notre enfance mais que nous retrouvons parfois à l'état d'épaves, saccagées par le temps et c'est cela justement qui fait mal : la confrontation entre la réalité du temps qui ne respecte rien et les images conservées pieusement dans le stockage mental. J'ai été fort ému par la description de la maison, précise, nette et colorée même dans ses atours désolés. Je vous adresse un merci du fond du coeur pour ce partage. A bientôt. |
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