« …Poèmes et souvenirs… »
Une semaine a passé et je revois alors
La sublime aventure qu’ensemble nous vécûmes
Mes soupirs, nos fantasmes, le bonheur sans effort
La vie simple et facile promettant l’amertume.
Nous crûmes en cet amour, c’était une aventure
Que le temps et l’espace effacent comme une « torture »
Ô compagne désirable je t’offrais ces instants,
Et mes lèvres récitaient tous les psaumes d’antan ;
Dis moi douce créature que le bonheur existe
Et qu’il faut nous risquer à son jeu infidèle
Que ces instants intenses n’avaient rien de factice
Et charriaient de l’amour dans notre citadelle ;
Tu me vouais alors à un destin étrange
Qui me défend maintenant tant de futilités
Prêtresse de mon âme, mon merveilleux archange
fut ce prétexte à l’amour que de tant l’ignorer ?
Tes yeux ont rayonné d’un éclat si superbe
Quand les miens ont pleuré devant le ton acerbe
Qui m’offrait la réplique pour tout démystifier
Des paroles trop crues pour qu’on puisse s’y fier.
Tu me disais alors qu’à cause de ton enfance
Tu vouais à l’amour une étrange méfiance
Si tes égarements allaient chercher leur source
En des contes stériles, je conçois bien alors
Que je fus fou de croire en ma futile course
Et qu’il faut nous méfier des êtres qu’on adore
Sauf à s’abandonner à des maux sans pareils.
Tu me quittes à présent et s’éteint le soleil
Mon horizon se trouble autant que ma raison
Je vais poser ma plume, et puis sécher mes larmes
Puis j’attendrai patient la prochaine saison
Qui nourrira encore mon cœur de tous les charmes
D’un amour authentique, étonnant et fertile
Ma quête de bonheur passe par ces déboires
Qui endurcissent mon cœur, me trouvent moins fébrile
A chaque nouvel échec, à chaque nouveau départ ;
Puis le doute s’installe au fonds de la mémoire
On devient plus patient, plus calme, moins fragile
Jusqu’à trouver un jour la moitié de son âme.
Les leçons de la vie raffermissent nos quêtes
Pour parfaire l’ouvrage qui fait tourner nos têtes ;
Il y a des blessures qui nous abîment l’âme
Mais comme des SYSIPHES, pour l’amour de ces dames
Nous gravissons toujours les mêmes peines abruptes ;
Toujours recommencé, nous protégeons le culte
Elevé à la vie, érigé par l’amour .
Ma disgrâce prend fin au fonds d’une brasserie
Accoudé au comptoir sirotant ma rêverie
Je chasse les souvenirs et prépare demain
Mon verre vide repose sur le comptoir d’étain
Où je fais mon bilan, j’apprivoise ma peine ;
Demain me trouvera plus fécond que cette nuit
Je palperai du rêve pour dissoudre l’ennui
Au fonds de cette brasserie où l’on remplit mon verre ;
Je tricherai parfois du fonds de mon hiver
Pour embellir ma vie, pour accrocher du bleu
Au dessus de ma tête et feindre d’être HEUREUX .