AU LECTEUR
Dans son enclos vorace abîmé par bêtise,
Il fait joujou avec tout ce qu’il le séduit
Le hasard, la passion, le crime, le produit
Il adore le Mal, souvent il le courtise.
Ignorant la démence avide de sa peau
Il se lave aux poisons, hurle, se soûle et baise
Avec la dérision ; le démon qui l’apaise,
Pressé, avant d’ouvrir la porte du tombeau.
Mais sa femme fricote avec les illusions
Et lorsqu’elle pleurniche outrée par les rustres
Elle calme sa rage aux talons et aux lustres
Qui comblent son caprice et forge ses visions.
Leurs matins sont lassants, et leurs nuits ordinaires
Sur leurs tendres coussins, ils jouissent leur rêve
Mais quand il faut suer, il faut que cela crève
Pour l’essentiel repos ; l’absolu sanctuaire.
Pendant que la paresse amuse leurs émois
Un carnage puissant écorche l’innocence
La dépouille, la croque à sa gourmande panse
Ne laissant que des os élevés de deux doigts
Car sur la vaste terre habitent deux demeures,
L’une riche et superbe où l’on mange l’effroi
L’autre, pauvre et morose où l’ouest jette son Froid ;
Une Malédiction et tous les fruits des leurres !
Skan (C)
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