|
|
![]() |
verslents a publié ce texte le 06/05/2008 à 14:02:47 |
Le temps semble figé ; les secondes, comme des jours
Interminables, passent ; au fond de la nuit
Qui noie le monde, le silence s’installe sans bruit
Tandis que l’Homme pleure l’Universel Amour.
Des larmes amères coulent, elles noient sa mémoire,
Elles roulent, roulent le long de son désespoir,
Elles deviennent fleuves, et s’en vont, océanes,
Alimenter ses peurs, et révéler ses pannes.
Je suis là, impuissant, contemplant le désastre,
L’imminente tragédie de l’inhumaine race.
Les survivants se terrent, et dans la nuit profonde
On ressent la moiteur d’une terreur immonde
Alors que se profile dans le ciel et les astres
Le divin épilogue d’une encombrante trace,
Je passe et puis repasse, inconsolable et seul,
Lente rétrospective, les années d’avant deuil.
Je contemple le fil où s’enchaîne ma vie
Je le tire et ramène des lambeaux de bonheur,
D’éphémères instants, de rassurantes heures
Les pénibles souvenirs que je croyais enfouis ;
Le tumulte indécent va bientôt retentir.
Alors levant les yeux au fond de ce décor
Qui force au repentir, où mes forces chavirent,
J’aperçois dans la rue, l’insoutenable effort
Que déploie un enfant traînant une valise.
La scène est incongrue, parce que tout se brise
Son fardeau semble lourd, mais il reste silencieux
Il avance tranquille, assuré, lumineux
Presque heureux d’être là, au milieu de la nuit.
Il chavire parfois, et puis trébuche aussi,
Mais inlassablement, il se remet debout,
Fièrement, sans faiblir, et il avale ainsi
Sans hâte, pas à pas, l’interminable route.
Il semble comme étranger à ce monde dément
Pourquoi inflige t il cet effort dérisoire
A mes yeux las d’amour, las de temps et d’espoir ?
Ne devine-t-il pas la terrible menace
Qui plane sur nos têtes, comme une ultime farce ?
Il faut le rattraper, éteindre son sourire
Le convaincre, expliquer, lui éviter le pire.
J’entreprends de rejoindre l’impertinent enfant
Ma lente procession pour atteindre l’impie
Est freinée par le vent qui bruyamment glapit
J’avance pesamment, infiniment lentement
Pour tenter l’impossible, et pour rendre probable
Ma dérisoire quête ;
Je saisis à l’épaule
L’innocente créature, qui n’a cure du rôle
Que je tiens en ces lieux. Le petit se retourne
Et brusquement je sais et je tombe à genoux.
Contemplant ce visage que je connais par cœur
Je découvre incrédule, dans ces traits la douceur
D’un gamin de 7 ans pointant de son index
Un horizon blafard qui me laisse perplexe.
Et puis soudainement, cet enfant que je fus
Disparaît, s’évanouit, aucun son sur ses lèvres
N’est venu apaiser l’angoisse existentielle
Où je me répandais ;
Et Je reste fourbu
Ereinté ; tout se brouille, et la nuit est glacée
Tandis que je relève, comme un pantin cassé
Mon corps et ma raison, tandis que l’essentiel
M’est ainsi révélé, je recommence à croire,
Et indistinctement, je perçois le message.
Le découragement cesse remplacé par l’espoir
Et Je suis désarmé par ma propre victoire.
Pouvons-nous retrouver cette innocente image
D’un possible bonheur, et s’il n’est pas trop tard,
Alors quel est le prix qu’il nous faut consentir
Pour que nos lendemains ne soient pas des hasards ?
Sommes-nous à la fois la lumière et le fou ?
Déchiffrons-nous toujours du symbole l’atout ?
Au tréfonds de nos cœurs où siège le repentir
Pouvons-nous retrouver l’originel arôme ?
La saveur des saveurs qui fait ce que nous sommes
Des maçons et des Hommes.
La fable dit que OUI ; l’enfant omniprésent
Veille dans la pénombre de nos cœurs fatigués
Et à la réflexion, c’est comme un cabinet
Où nous nous plongerions, sanctuaire apaisant
Où l’âme se régénère, où la raison domine .
Que devint la valise ?, et que contenait-elle ?
Mais elle est toujours là, je la traîne partout
Et elle contient tout ;
Enfin, presque tout ;
Ce que j’y ai mis
Mes doutes et mes farces
Mes amis, mes ennemis
Ce qui fait ce que je suis
Ni sourire ni grimace
Un maillon minuscule
Dans une solide chaîne.
Et quand l’indécision, et quand l’intolérance
Frappent trois petits coups mais avec insistance
Je l’ouvre cette valise, tout en grand,
Et j’y puise mon destin.
| Liste des textes les plus appréciés similaires au texte intitulé « Le chaos et l'enfant » | ||
![]() microbus | L'ogre et l'enfant | |
Dandan | L'ado et l'enfant | |
david34340 | L éducateur et l'enfant | |
|
Afficher en premier: Les + récents Les + anciens Les + utiles Les - utiles Modifiés récemment |
| Anonyme | |
|
@Anononyme 06/05/2008 à 19:37:36
Un grand merci pour ces encouragements (car ce ne sont que des encouragements à mieux faire, la perfection n'étant pas, cela est bien connu, de ce bas monde...) Je trouve quant à moi beaucoup de bonheur à la lecture des nombreuses poésies sur ce site. Il y a décidément beaucoup de talent et plus que tout de la sensibilité et de la générosité... Je m'y sens déjà si bien ! Amitiés à tous Verslents |
|
Oui, aucun doute, la poésie est là issue de la sincérité du marionnetiste des mots que tu es rendant les armes au fil de ta muse, intelligente pelote de vie. La forme de ta fable ne me dérange pas, mais il mesemble que tu lui ais céder vers la fin. Je m'explique. Partant quasiment de l'alexandrins, jusqu'à l'en décaler en sizains au changement de strophe pour, par exemple, maintenir le rythme ; j'ai du mal à comprendre pour quoi les sizains initiant la morale de la fable ne se retrouve que sizain alors qu'en décalant chacun tu conservais l'harmonie de l'ensemble. Y a t-il tant de lutte en toi que tu décide d'un coup de sanctionner le rythme? C'est vrai qu'à plusieurs reprise tes alexandrins se transforment en treize ou quatorze syllabes, est-ce aussi voulu de ta part de bousculer le rythme, comme s'il s'agissait d'autant de sursaut d'énergie que doit déployer cet enfant pour bouger sa valise? Un coup de coeur ici pour moi. :j: Amicalement esotcelt --------------------------------------------------------- Toute réponse est miroir de l'âme,
Soleil, reflet créateur de lumière. Toute question tient sa réponse flamme, Source et générateur,masculin féminin. Être à l'ombre chérie |
|
Merci pour ces encouragements Esotcelt. Oui tu as raison de le souligner il y a des vers de 13 voire 14 syllabes, et même en cherchant bien 11 mais je me relis peu, je veux dire que le premier "jet" est souvent le bon...mais je vais m'appliquer car la musicalité du vers reste essentielle. Amicalement Verslents |