Il pleut sur Bagdad
Il pleut sur Bagdad des obus de la haine
Foudroyants feux d'artifice à l'américaine
L'ennemi est partout, how exciting game
De cliquer sur la mort pour une incertaine fame.
Il pleure, il déchiquète, il pulvérise le silence
Fracassant des aériennes braises, macabre danse
Sur musique satanique inconnue des étoiles
Qui filent vers l'infini implorer les Voiles
Devenues sourdes aux pleurs et prières des hommes
Humblement prosternés vers La Mecque et Rome.
Point l'aube sur les débris de ce que fut l'abri
Des âmes égarées survivant à la barbarie
Alentour des mares de sang, ici une poupée
Dans un petit bout de bras, là une mariée
Violemment arrachée à l'étreinte de l'aimé
Non loin, le Tigre en ocre, pleure ses gosses décimés
Là-bas, femmes, hommes, enfants de la fournaise fuyant
Amas de chair béante jonchant un sol fumant
Elle exile, broie, calcine, la machine de la mort
Logique d'une guerre illogique, loi du plus fort.
CNN et FOX, en live, rivalisent d'ardeur
Pour offrir aux spectateurs, et sans nulle pudeur
Les derniers gadgets des inventeurs tueurs
Rivés sur le petit écran les yeux des cowboys
Savourent à mil lieux l'exploit et des marines boys
On porte un toast à la gloire des libérateurs
Qui défient la tempête, valeureux défenseurs
De la mère nation et de la paix dans le monde,
Fausses allégations d'une guerre injuste et immonde.
Liberté, en ton nom, des peuples rendus esclaves!
Des uns crimes décriés, des leurs ils s'en lavent
Insensée cupidité, pour l'or noir, assomme
Bagdad la civilisation, mémoire de l'Homme
