Juliette est morte, chantez la !
Son paysage abstrait de démons insalubres
S'enthousiasme de ce trépas.
Juliette est morte souffle le vent lugubre !
Regardez son corps s'enfoncer
Dans une profondeur macabre et dérisoire !
Voyez l'insecte s'apaiser,
Et son corps frémissant au moindre son blafard !
Seize jours passeront avant qu'elle ne renaisse,
Piétinée par la honte, elle reviendra enfin.
Seize nuits infinies et un sort de catin,
Pour mourir à nouveau dans une boue épaisse.
Admirez son cadavre en fuite
Surligné d'horizons écarlates et morbides !
Sentez les déjections de nos âmes putrides
Aimant toute raison détruite !
Juliette est morte, chantez las.
L'infini perturbé deviendra éclatant
Et nous pourrons danser de nos blessures allant
Sur les ruines de l'opéra.